Théâtre

Châtenay-Malabry

George Dandin, un Molière de notre temps

(C) Tristan Jeanne-Valès

Infos pratiques

À la Piscine, Jean-Pierre Vincent met en scène un Dandin très politique comme un miroir tendu à ses contemporains.

Il y a beaucoup de manières de monter une pièce de Molière, et toutes ou presque frappent juste – ce qui demeure une source d’étonnement pour une œuvre qui a 350 ans, née dans une société dont on n’a plus idée. Quoique. Ainsi George Dandin ou le Mari confondu, comédie-ballet sur une musique de Lully, créée en 1668 comme partie d’un grand divertissement royal. Certains y privilégient le faste et la farce. D’autres, à la suite surtout de la mise en scène révolutionnaire de Roger Planchon en 1958, y entendent, sous la cocasserie, la noirceur et le drame. Jean-Pierre Vincent est de ceux-là. Celui qui fut administrateur général de la Comédie-Française et successeur de Patrice Chéreau aux Amandiers ne cache pas son regard politique sur le théâtre : « J’aime raconter à mes contemporains qu’ils sont des êtres historiques, fruits d’une histoire, des luttes de classes qui nous font ce que nous sommes. » Paysan enrichi, George Dandin est un parvenu ; il s’offre un nom, George de la Dandinière, en achetant à la fois les dettes et la fille de nobliaux ruinés. Mais on n’échappe pas comme cela à sa condition, d’autant qu’on vous la rappelle à tout bout de champ et que la jeune femme qu’on pensait pouvoir bastonner s’avère être d’une liberté incontrôlable, ni par les poings ni par l’argent. Il y a beaucoup de cruauté et de mépris dans cette pièce, et un fort portrait de femme, qui ne sont pas des inventions du metteur en scène. Molière y tient le registre d’une époque, Jean-Pierre Vincent nous interroge : la sienne, ou la nôtre ?

George Dandin, un Molière de notre temps

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