Exposition - Conférence

Antony

La Méduse depuis Géricault

Clarisse Griffon du Bellay DR

Par l’intermédiaire de quatre artistes d’aujourd’hui, la Maison des Arts d’Antony rend avec Le Radeau de Géricault, 1818-2018, un hommage spectaculaire au peintre, du 14 novembre au 6 janvier.

En 1816, la frégate Méduse s’échoue au large du Sénégal. Un mythe de l’histoire des naufrages, à l’instar de celui du Titanic, en raison surtout de l’errance du radeau où s’entassent plus de 150 personnes. Deux semaines plus tard, on récupère les « planches pourries couvertes de fauves humains hagards » : quinze survivants dont cinq à l’agonie, ayant traversé les cercles de l’enfer jusqu’au cannibalisme. Deux ans plus tard, le jeune peintre Théodore Géricault se lance dans un manifeste de la peinture romantique sur 35 mètres carrés, qui est aussi une dénonciation politique. On ne peut plus aujourd’hui laisser le Radeau de la Méduse accroché au mur d’autrefois : par un de ces horribles soubresauts de l’histoire, les naufragés d’aujourd’hui hantent le travail des quatre plasticiens exposés. Contrefaçon et faux espoirs, le photographe Gérard Rancinan détourne le tableau selon les codes de la modernité sur papier glacé. Chacun à sa manière, explosive, réaliste, monumentale, les peintres Lionel Guibaut et Jean-Michel Charpentier remettent sans cesse sur le métier leur obsession. Mais la plus émouvante réincarnation contemporaine du Radeau de Géricault, on la doit aux bois sculptés de Clarisse Griffon du Bellay, une installation qui hurle dans le silence, cauchemar issu des mains de la descendante directe de l’un des survivants : « Vertige de sentir qu’on tire son sang de là, qu’on est fait de ça, qu’on l’aurait fait aussi. […] J’étais potentielle dans cette viande morte ».

La Méduse depuis Géricault

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