Exposition - Conférence

Antony

D'une Algérie à l'autre

Sans nom, détail - CP. Mohamed Aksouh ,

À travers une soixantaine d’œuvres, la Maison des Arts d’Antony, avec l’aide du Centre culturel algérien, nous invite jusqu’au 2 avril à la découverte de "L’art algérien entre deux rives".

L’exposition est distribuée sur deux niveaux, comme si deux époques cohabitaient sans vraiment se confondre, dialoguaient sans réellement fusionner, comme si l’on passait, par la grâce d’un escalier, d’une Algérie à l’autre. À l’étage, celui des maîtres, les pionniers : Abdelkader Guermaz (1919-1996) et Mohamed Aksouh (né en 1934) s’installent en France dans les années soixante assoiffés de la modernité de l’Europe d’alors.
« Peintre du silence et de la lumière », Guermaz glisse du paysage à l’esprit de celui-ci, dans une méditation discrète qui ne renonça jamais à la gourmandise de la couleur. Aksouh est peintre des bleus et des verts assourdis de la mer profonde, des gris et des ocres des villes imaginaires. On entendrait presque leurs dialogues avec de Staël et Vieira da Silva. Au rez-de-chaussée, à ras du réel, les trois plasticiens, Habib Hasnaoui (né en 1955), Mustapha Sedjal (né en 1964) et Kamel Yahiaoui (né en 1966), ont rejoint les rivages nord de la Méditerranée dans les années quatre-vingt-dix, lors de cette « décennie noire » qui fut un autre tremblement de la terre d’Algérie. Les matériaux se diversifient, la vidéo et les photographies nourrissent une approche plus conceptuelle, les trois « passent au crible les réalités sociales ou politiques ». Le cri de Picasso à Guernica résonne encore dans leur mémoire, comme les détournements de Duchamp ou les fulgurances de Beuys. Et l’on se réjouit de vérifier, chez nos voisins méconnus comme ailleurs, que l’art n’en finit jamais de proliférer une fois que s’est brisé le vase clos.

D'une Algérie à l'autre

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