Jeunesse, Festival - Evénement

Boulogne Billancourt

Le grand jour des enseignements artistiques

©CD92/Julia Brechler

Infos pratiques

  • Le 08 juin
  • 15h
  • Boulogne Billancourt

Le 8 juin à La Seine Musicale, le Département organise sa première journée des enseignements artistiques. Chacun y est invité à découvrir les premiers pas sur scène des apprentis musiciens, comédiens, danseurs…

Ils sont une vingtaine, filles et garçons de 7 à 18 ans, c’est à la fois un chœur de théâtre et une chorale un peu swing qui répète une scène du Peau d’Âne de Jean-Michel Rabeux. Il y a le Roi, la Reine, la Princesse, la Fée et les autres – dont une Mort bonhomme qui jubile en se frottant les mains. Certains déjà sont des bêtes de scène, les yeux plongés dans les nôtres, qui font passer l’émotion. Nous sommes à Boulogne chez Les Enfants de la comédie, l’école de spectacle dirigée par Marie-Noëlle Billard. Où intervient cette saison la comédienne Axel Petersen, de la compagnie Le Temps de vivre, dans le cadre d’une résidence départementale itinérante. Au conservatoire Marcel-Dupré de Meudon, Marie Mézière enseigne le théâtre en cycle d’initiation à de jeunes élèves de 11 à 13 ans. Au programme, le Pinocchio de Joël Pommerat, qu’elle fait travailler en partenariat avec Chloé Latour, elle aussi comédienne dans la compagnie Le Temps de vivre, fondée à Colombes et dirigée par Rachid Akbal : « Chez nous, explique-t-il, l’essentiel repose sur le conte, les arts du récit, l’adresse directe au public sans ce quatrième mur qui enferme les comédiens sur la scène. Le Département souhaitait que notre pratique artistique “infuse” dans les conservatoires et les compagnies de jeunes. Le théâtre suppose le goût de raconter une histoire. Et c’est très bien que les élèves prennent la mesure de cela : à l’envie de jouer, avec l’autre, pour le public, pour soi même, je pense qu’il faut ajouter le plaisir de raconter. »

Soutien aux pratiques artistiques

Cette résidence départementale fait partie des dispositifs mis en place par le troisième Schéma départemental des enseignements artistiques (SDEA) adopté l’été dernier par le conseil départemental. Il constitue pour les années 2018 à 2021 le cadre global de son soutien aux établissements formateurs, au premier rang desquels les conservatoires. Christine Carruette est chargée de mission SDEA au Département des Hauts-de-Seine : « Le schéma comporte trois axes. L’accessibilité des enseignements artistiques, à la fois pour les publics en situation de handicap et ceux socialement éloignés de la culture. La continuité des pratiques, pour améliorer l’épanouissement d’un “amateur éclairé”, remédier aux abandons en cours de route et encourager la poursuite de l’activité artistique après l’obtention du diplôme, en rénovant par exemple l’éveil, les cursus et les pédagogies. Et la pluridisciplinarité des enseignements, afin de mettre en valeur des disciplines qui sont moins représentées que la musique dans les enseignements artistiques, comme le théâtre, la danse, ou les arts visuels qui viennent d’intégrer pour la première fois le SDEA. »

L’une des priorités du nouveau Schéma est d’organiser un réseau départemental où les établissements pourront échanger et construire ensemble ; une autre est de rendre lisible une offre particulièrement nombreuse : il existe aujourd’hui dans les Hauts-de-Seine plus de vingt conservatoires - classés par le ministère de la Culture à rayonnement communal, intercommunal, départemental ou régional - et une quarantaine d’écoles municipales et associatives reconnues. Dix conservatoires deviennent ainsi têtes de réseau et une vingtaine de structures portent désormais le joli nom de Lea (les enseignements artistiques) - le nouveau label départemental. Et si l’accessibilité des publics en situation de handicap est un travail de fond mené dans tous les domaines par le Département, celle des publics que l’on dit éloignés de la culture peut prendre de nombreuses formes. Retour à la musique au Centre social et culturel du Petit-Colombes, avec Gilles Repond. Tromboniste, jazzman, professeur au conservatoire, il propose ici une pratique musicale fondée sur le plaisir, l’expérimentation, une grande liberté, quelque chose de très « hors les murs » : une chorale de cuivres - trompettes et trombones - d’inspiration New Orleans, jouée par des enfants de 8 à 14 ans sans bagage artistique, grâce à un travail par imitation, sous forme de questions-réponses musicales.

Rendez-vous avec Lea

On les retrouvera le 8 juin, avec beaucoup d’autres élèves des conservatoires, écoles et autres associations, pour illustrer en public quelques-uns des aspects de ce vaste dispositif départemental de soutien à l’enseignement artistique. Dans la plus belle vitrine qui soit pour des apprentis musiciens, danseurs, comédiens, plasticiens : La Seine Musicale ! Histoire de modifier l’état d’esprit des adultes par rapport à ces matières trop longtemps considérées comme secondaires, du superflu pour dilettantes qui n’aurait rien de plus sérieux à faire. « Enseigner l’art à l’école en général, et la musique en particulier, c’est poser la question de la sensibilité, de la construction de l’humain, insiste Cédric Segond-Genovesi, musicien et professeur agrégé de musique, qui assure la direction du Centre de formation des musiciens intervenants en Île-de-France. Cela accompagne la formation de citoyens sensibles, créatifs, ouverts, curieux, cultivés. Le but est justement de leur dire : soyez curieux, ouvrez des portes. Être artiste est un état naturel, former de futurs instrumentistes n’est qu’une des portes ouvertes. »

Les enjeux du SDEA 2018-2020 dépassent d’ailleurs les aspects techniques et pédagogiques nécessaires, lesquels évoluent. Il s’agit aussi de renforcer l’état d’esprit d’une politique culturelle construite patiemment sur des événements spectaculaires, sur des programmes de long terme, sur des équipements prestigieux qui diffusent dans leur environnement – parmi lesquels les trois musées départementaux et une Seine Musicale qui a réussi à créer un nouvel imaginaire dans un lieu pourtant déjà fortement marqué. Quelque chose de nouveau, de cohérent et d’accessible à tous semble se dessiner le long de la Vallée de la Culture.

Didier Lamare

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