Festival - Evénement

La Défense

Underground Effect #5

The Mouarf

DR

Infos pratiques

  • Du 18 septembre au 22 août
  • La Défense

www.urban-week.fr

Photographe, graffeur, réalisateur, le co-créateur de l’Underground Effect qui se déroule du 18 au 22 septembre à Paris La Défense, veut mettre le street art à la portée de tous.

Les tours de Paris La Défense sont devenues son terrain de jeu. Si depuis 2015 l’art urbain a droit de cité sur le parvis aux côtés des Miró, Calder et autres Moretti, c’est en partie grâce à The Mouarf. Avec ses associés de l’association Projet Saato – créée en 2014 - il est à l’origine de l’Underground Effect qui fait partie intégrante de l’Urban Week qu’organise chaque année au mois de septembre l’établissement public Paris La Défense. Le concept ? Pendant trois jours, des graffeurs, plus habitués au travail de l’ombre, produisent en direct et devant le public une œuvre inédite sur un panneau de six mètres de large sur trois de haut. Une atmosphère atypique dans un quartier plus habitué à voir déambuler au quotidien les costumes-cravate. « Au début, on appréhendait pas mal, reconnaît The Mouarf. Et en fait tout se passe super bien car notre public est composé de jeunes actifs qui s’y connaissent un peu et qui posent des questions. Les artistes sont aussi assez ouverts car l’art urbain, c’est peindre non seulement pour soi mais aussi pour les autres. Ils viennent en sachant qu’il y aura des échanges. Et La Défense leur plaît beaucoup, ils ont rarement l’occasion de créer dans des écrins comme celui-ci. »

 

Graffiti et explorations urbaines

Avant d’exploser et de se dévoiler au grand jour, le street art se vivait plutôt caché pour ce grand blond tatoué. Ce photographe de formation l’a découvert à travers « l’urbex » – l’exploration urbaine - qui consiste à visiter des lieux abandonnés, difficiles d'accès voire, pour certains, interdits. « Je suis allé par exemple dans des châteaux ou d’anciennes prisons. Dans ces endroits, on sort très vite du côté « tag » pour admirer des pièces complètement folles. C’est là que j’ai commencé à prendre en photo des sessions de graffitis. » Et petit à petit, dans sa main, la bombe de peinture a remplacé l’objectif. « J’ai finalement commencé très tard, à trente ans là où d’autres commencent à dix ou douze. Le graffiti et la photographie sont deux arts qui s’opposent : l’un fixe les choses dans le temps tandis que l’autre est éphémère. » Pourtant dans le travail de The Mouarf – un pseudo tiré de Gaston Lagaffe, un de ses personnages de BD préférés – les deux se croisent, se mélangent, la photo sert de modèle pour ses peintures murales. « C’est un vrai processus : je choisis d’abord une de mes photos puis je cherche le lieu adéquat pour la reproduire, ce qui n’est pas la démarche habituelle d’un graffeur. Je pense un mur en termes de cadrage, au cliché que je vais faire de mon travail final. » Ce qui donne des œuvres très photogéniques et, surtout, des portraits en noir et blanc, sa marque de fabrique. « Je n’ai pas de formation de peinture alors quand j’ai commencé, je me suis demandé quel pourrait être mon univers. Et finalement, je me suis dit que ce qui me colle à la peau, ce sont mes proches, ma famille. Alors j’ai décidé de reproduire les visages des gens que j’aime, je n’ai pas vocation à peindre des personnes célèbres. »

 

Pérenniser l’éphémère

Aujourd’hui, The Mouarf ne peint plus que « deux à trois fois par an maximum » et préfère mettre les autres en valeur, quelle que soit leur célébrité dans le milieu. « Pour l’Underground Effect, nous sélectionnons les artistes d’abord en fonction de leur portfolio puis après seulement on s’intéresse à savoir qui est la personne. Ici, un graffeur aux 500 000 abonnés sur Instagram peint à côté d’un autre qui en a 1 500. » L’an dernier, la sélection était entièrement féminine, cas rare dans cet univers encore majoritairement masculin.

Son objectif est également de pérenniser ce qui est, par essence, éphémère. Aujourd’hui, les quatre éditions de l’Underground Effect ont permis de ressembler une jolie collection de quatre-vingt-sept œuvres disséminées dans treize parkings souterrains de Paris La Défense. Avec l’entreprise Wasaa, fondée elle-aussi par le Projet Saato, chaque graffeur qui passe par le quartier d’affaires fournit un dessin qui est ensuite reproduit en 50x70 et vendu à cent euros, un prix unique « quelle que soit la côte de l’auteur ». Enfin pendant l’Urban Week, chaque visiteur peut customiser au pochoir des objets récupérés et repartir avec une œuvre originale pour un prix libre, parfois de quelques euros seulement. Ces cinq jours de street culture illustrent finalement à merveille le mantra de Projet Saato et de The Mouarf : « rendre l’art urbain accessible à tous. »

Mélanie Le Beller

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