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The Psychotic Monks

DR - « On a tous en nous des états d’âme contradictoires, de la joie, de la tristesse, de la colère et quand on joue, on extériorise tout cela »

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Lauréats du prix départemental Chorus en 2018, les Psychotic Monks sont des musiciens ouverts à tous les vents mais qui, dans leur quête du son, gardent toujours le cap.

Ils sont quatre, ce sont des garçons, et dire qu’ils sont dans le vent serait un peu en deçà de la vérité. Les Psychotics Monks incarnent le gros temps qui fait rugir les guitares, tonner les basses, trépigner les batteries et accélérer le tempo, tempête par endroit entrecoupée de plages lumineuses et parcourue de lignes mélodiques. L’énergie de ce jeune groupe, qui est aussi un groupe de jeunes dont la moyenne d’âge ne dépasse pas vingt-cinq ans, a conquis, en avril dernier, le jury du prix Chorus.  Leur nom paradoxal exprime à la fois cet aspect contemplatif et cette rage poussée jusqu’à la transe. « On entend souvent parler de dualité pour nous qualifier mais c’est plus complexe, plus en nuances : on a tous en nous des états d’âme contradictoires, de la joie, de la tristesse, de la colère et quand on joue, on extériorise tout cela », précisent Arthur, Clément, Martin et Paul.

Soif de découverte

Entre ces garçons tumultueux sur scène mais calmes à la ville, la parole circule facilement. Comme en concert, où chacun prend le « lead » et en studio, où les morceaux naissent dans l’échange du « jam », la complicité est là, ancienne. Entre Arthur et Martin, « potes depuis le CE1 », elle remonte presque aux bacs à sable. Clément, le batteur, ami de Martin, et Paul, claviériste et frère d’Arthur la partagent naturellement. Au sortir de l’adolescence, ils ont suivi ensemble l’appel de la musique, qui les a fait mûrir. « On a beaucoup plus appris dans nos discussions musicales, dans notre studio et sur scène que si on avait continué à l’université », juge rétrospectivement Martin. S’ils se reconnaissent de nombreuses influences, comme, à leurs débuts, Pink Floyd, Queens of the Stone Age, le Velvet Underground, Black Rebel Motorcycle Club ou encore les Stooges, les Psychotic Monks ont toujours éprouvé le besoin de se nourrir d’autres expressions artistiques. Les Lettres à un jeune poète de Rilke les accompagnent encore et, à l’écran, ils admirent pêle-mêle, The Thing de John Carpenter, Paris, Texas de Wim Wenders et l’œuvre de David Lynch… « Pour faire de la musique, j’ai besoin de raconter une histoire, d’être dans une approche quasiment cinématographique », observe Paul. Sorti en 2017 et précédé par l’EP IV en 2016, leur premier album, Silent Slowly and Madly Shines, est un voyage musical reflétant cet imaginaire.

École de la scène

Avec ce bagage de titres, depuis deux ans les Psychotic Monks ont enchaîné les concerts en France - cet été ils étaient à Rock en Seine - et parcouru l’Europe et, pour l’instant, ils en redemandent. « Les concerts font partie de notre apprentissage et font évoluer notre musique, on ne dit pas les choses de la même manière sur une scène et en studio », explique Arthur, pour lequel la tournée est aussi une « expérience de vie ». Pas emballé, au départ, par l’idée « d’entrer en compétition », en remportant le Prix Chorus le groupe s’est encore professionnalisé. Non seulement grâce à la somme de 10 000 euros qui a financé des achats de matériel mais aussi parce que « de nombreux influenceurs étaient présents à La Seine Musicale, ce qui a ouvert des portes », poursuit Clément. Dans le cadre du dispositif d’accompagnement Labo Chorus du Département, en octobre, ils étaient ainsi en résidence à la MJC de Chaville, afin de préparer les Transmusicales de Rennes. Autre avancée majeure, l’intégration du label indépendant Vicious Circle aux côtés de signatures comme Shannon Wright ou Lysistrata qu’ils admirent. « On est passé d’une autoproduction avec notre premier album à un label qui nous paie pour enregistrer, c’est une grosse responsabilité », se réjouissent-ils. Car le deuxième opus est en cours de préparation et il ne ressemblera pas au premier. « Les artistes qui nous inspirent le plus comme Nick Cave, Bowie, les Doors, Patti Smith se renouvellent en permanence », explique Paul. Les Psychotic Monks montent mais leur refus des étiquettes et des postures qui mènent à l’imposture demeure intact. « On fait du rock dans le sens de la liberté et de la révolte mais si c’est pour la virilité surjouée et le gros son, ça n’est pas du tout qu’on recherche ».

Pauline Vinatier

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