Exposition - Conférence, Patrimoine

Nanterre

Archives départementales

Tours et détours

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Infos pratiques

Site web des archives des Hauts-de-Seine

Visites guidées sur réservation au 01 41 37 11 02 (groupes de 20 personnes maximum, possibilité de visites de 18h à 19h30)

C’est en explorant conjointement les documents du fonds de l’architecte Jean de Mailly, conservé aux Archives départementales, et les collections méconnues de Defacto, l’établissement public de gestion du quartier d’affaires, qu’est née cette exposition « rétro-prospective » : "Tours et détours : histoire de La Défense (1883- 1989)".

Le visage du futur quartier d’affaires aurait pu être bien différent. Projets, plans et maquettes exposés dans le hall des Archives départementales prouvent à quel point ce lieu a nourri l’imagination des architectes.

Une fresque historique
Chronologique, la présentation commence symboliquement en 1883, date de l’inauguration de la statue La Défense de Paris de Barrias qui a donné son nom au quartier. Ce monument, érigé sur le rond-point de Courbevoie, ou butte de Chantecoq, tourne le dos à la capitale commémorant la défense de la capitale face aux Prussiens en 1870. Une évocation de l’axe historique qui relie l’Arc de Triomphe à ce rond-point côtoie celle du parcours erratique de cette statue, déplacée pendant les travaux d’aménagement du quartier d’affaires et remise en place en 1983, un siècle après son installation. L’exposition s’achève en 1989, date de l’inauguration de la Grande Arche. Entre ces deux points, se placent les idées pour le moins originales des architectes des années 1920, et en particulier celle de « Maisons-Tours » d’Auguste Perret qui imagine des immeubles d’habitation culminant à 200 mètres de haut, installés à intervalles réguliers entre la porte Maillot et Saint-Germain-en-Laye.

Rêves urbains et grands travaux
Un concours lancé par la ville de Paris et le Département de la Seine dans les années 1930 marque le coup d’envoi d’une opération d’aménagement de grande ampleur sur la zone située entre la porte Maillot et l’actuel quartier d’affaires. En témoignent des dessins, réponses au concours, conservés aux Archives départementales et exposés pour l’occasion.
Après la seconde guerre mondiale, la Sarp, société d’aménagement de la région parisienne, réalise un plan d’aménagement très précis du quartier. Elle doit cependant composer avec l’existant : son plan intègre des aménagements réalisés entre-temps, en particulier le CNIT, le quartier Bellini ou la tour Esso, détruite en 1993 afin de laisser place à l’actuelle Coeur Défense. L’EPAD (Établissement public d’aménagement de la Défense), créé en 1958, est chargé de mettre en oeuvre ce plan. La première réalisation est la tour Nobel, première tour de La Défense, aujourd’hui tour Initiale, puis la tour Générale. Leur genèse est illustrée avec le fonds de l’architecte Jean de Mailly, concepteur des deux tours, du quartier Bellini et du CNIT, avec Robert Camelot et Bernard Zehrfuss. Par ses plans grand format, ses notes et ses dessins conservés aux Archives départementales, c’est sa vision, son idée de départ qui se livre au visiteur d’aujourd’hui. D’autres photographies et documents d’archives racontent la construction des tours dites de 2e génération, érigées dans les années 70 dont la tour Fiat, devenue Areva.
L’exposition parle également des transports, de la gare engloutie sous la dalle, et permet de comprendre l’évolution du dispositif. Elle évoque la vie à La Défense, les expropriations, les relogements, la construction des tours Eve, Défense 2000. On y trouve des plans d’appartements et le projet de « transport hectométrique », tapis roulant qui devait permettre de rallier plus rapidement à pied l’esplanade au parvis sur une distance de 450 mètres. Les archives présentent d’autres projets inaboutis : la tour Zehrfuss, immeuble de bureaux désaxé par rapport à la perspective actuelle, la tour Polak, relais télé de 750 mètres de haut, ou encore l’étonnante tour Schoffer, tour « cybernétique ».

Figure de proue

Tête Défense, lieu où trône aujourd’hui la Grande Arche, se destinait depuis longtemps à accueillir un bâtiment emblématique. Certaines maquettes remises lors de concours, comme le projet Diapason de Peï ou l’« immeuble miroir » d’Aillaud, subissent l’influence des polémiques des années 1970 sur les tours trop hautes du quartier d’affaires. Dans l’exposition figurent des maquettes des projets Aillaud, primé en 1973, et Willerval, lauréat d’un concours voté début 1981 qui n’a finalement pas vu le jour suite à l’élection présidentielle. Aux Archives départementales, les visiteurs découvriront également l’intégralité de la fresque de Jean Dewasne peinte à l’intérieur de la Grand Arche sur une maquette en coupe, la construction de la Grande Arche et des tours en photo, et une foule d’anecdotes qui démontrent toute l’inventivité des architectes devant cette page blanche. 


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