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Patrick Blandin, auteur de "Biodiversité, l'avenir du vivant"

Patrick Blandin - CP/CG 92/OR, PATRICK BLANDIN-MUSEUM D HISTOIRE NATURELLE PRIX LA SCIENCE SE LIVRE 2011

Entretien avec le lauréat du prix 2011 « la Science se livre ».

Qu'entend-on par « biodiversité » ?

Ce terme a été inventé en 1985. Il désigne une propriété évidente de la nature : sa diversité à toutes les échelles. En regardant le paysage, vous découvrez des écosystèmes variés : champs, bois, étangs… C'est la diversité écologique. Et puis, vous entrez dans un bois et vous trouvez différentes essences d'arbres, différents oiseaux qui chantent, des petites fleurs, des insectes. C'est la diversité spécifique. Enfin, vous regardez une espèce, les humains par exemple, et vous voyez que nous n'avons pas la même morphologie, ni les mêmes caractéristiques. C'est la diversité génétique.

Pourquoi faut-il préserver cette diversité de la nature ?

C'est une question fondamentale. Les scientifiques commencent à y apporter des réponses. Il leur est apparu que plus le monde vivant est diversifié, plus il a des chances de s'adapter à des conditions d'environnement changeantes. Grâce à ses facultés d'adaptation, la vie s'est développée et maintenue sur une planète qui a toujours changé. C'est la grande leçon de la biologie.

Vous écrivez qu'en près de 500 ans, plus de 800 espèces animales et végétales ont disparu du fait de l'homme. Assiste-t-on à une extinction sans précédent ?

On parle souvent de la sixième crise d'extinction. Les paléontologues se sont aperçus qu'il y a des périodes dans l'histoire de la planète où beaucoup de formes vivantes disparaissent dans des temps relativement courts par rapport à l'échelle des temps géologiques, c'est-à-dire en un, deux, trois millions d'années. On a appelé ces périodes les crises d'extinction. La dernière a vu la disparition des dinosaures. L'extinction d'espèces est un phénomène classique, quasiment obligatoire, mais quand on voit le nombre d'espèces qui ont disparu au cours du XIXe et du XXe siècle, on s'aperçoit que le processus s'est beaucoup accéléré. Tous les écosystèmes sont atteints, transformés, pollués, fragmentés, détruits, au moins localement. La transformation de la planète du fait des activités humaines est sans commune mesure avec ce que pouvaient être les transformations qui ont provoqué les crises antérieures. C'est idiot de parler d'une sixième crise parce que nous sommes face à un phénomène jamais vu : il est causé par une espèce, il a lieu à l'échelle de la planète entière et il va très vite. La planète est confrontée à son premier bouleversement.

Le citoyen peut-il agir pour préserver la biodiversité ?

Il peut réfléchir à son rôle en matière de pollution et à l'organisation de son habitat. Et puis, je pense aux enfants de nos villes qui sont de plus en plus dans des activités faisant appel au virtuel et de moins en moins au contact physique des éléments de la nature. Face à cette tendance, l'école et les familles ont un rôle important à jouer pour entretenir de la curiosité à voir de vrais végétaux, de vrais oiseaux, de vrais insectes. Il faut imaginer une vie urbaine qui développe une proximité à des éléments de nature.

Propos recueillis par Reine Paris

En savoir plus

Patrick Blandin – "Biodiversité, l'avenir du vivant"
Éd. Albin Michel, collection bibliothèque Science (2010) - 260 pages - 20 €

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