Théâtre - Danse

Aurélien Bory, ce spationaute théâtral

"Sans Objet", création d'Aurélien Bory-Aglae Bory,

« Ne pas savoir ce que l'on va voir est certainement l'une des meilleures façons d'aller au théâtre ».

Aurélien Bory aime surprendre. Sa dernière création Sans Objet en témoigne. Une bien belle surprise. Et sa jeune carrière en a déjà réservé quelques autres qui lui valent aujourd'hui d'être attendu. Un comble dont l'artiste ne s'embarrasse pas en allant là où on ne l'attend pas. Comme par hasard. S'il est difficile de figer ses spectacles dans les genres préexistants – danse ? théâtre ? performance ? cirque acrobatique ? –, genres auxquels, peu ou prou, toutes ses créations empruntent en l'espèce quand bon lui semble, son rôle n'est pas plus aisé à définir que son œuvre. Est-il : metteur en scène ? chorégraphe ? scénographe ? Sa préoccupation primordiale : l'espace.

À tirer ce fil d'Ariane, on sort du flou artistique apparent. L'homme, amateur d'expériences, serait même extrêmement cohérent. Né à Colmar en 1972, il commence sa carrière à Strasbourg en étudiant les sciences physiques. Son domaine de prédilection : l'acoustique architecturale. Sous chapiteau, les contraintes majeures sont à expérimenter. En 1995, il intègre à Toulouse le studio de création des arts du cirque, Le Lido. Il sera acteur dans l'Odyssée du théâtre Tattoo dirigé par Mladen Matéric deux ans avant de fonder la Compagnie 111 avec à ses côtés l'acteur et acrobate Olivier Alenda. La trilogie qui le fera connaître du grand public est en gestation. L'espace est au cœur des préoccupations de IJK, Plan B, et Plus ou moins l'infini. Ouvert à d'autres dimensions, en 2004, il crée Taoub à Tanger avec douze acrobates marocains. Le spectacle lance la troupe, Le Groupe Acrobatique de Tanger, sur la scène internationale. Trois ans plus tard, il est en Chine pour donner le jour, avec des artisans de Dalian, aux Sept Planches de la ruse.

Ces incursions spatiales et artistiques lui valent en 2008 d'être distingué. Il reçoit le prix Créateur sans frontières/Cultures-France pour ses créations à l'étranger. Et dans les Hauts-de-Seine, la saison dernière au théâtre des Amandiers, c'est avec lui que vous avez fait le voyage au pays du flamenco avec « Qu'estcequetudeviens ?», captivant portrait dansé d'une jeune femme habitée par la passion flamenca. Dans une quatrième dimension, au fond voilà ce que cherche Aurélien Bory : « J'essaie dans mon théâtre de laisser une grande place au spectateur. C'est lui qui finit l'œuvre. Il s'approprie ce qu'il regarde. »

Marie-Emmanuelle Galfré

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