Théâtre - Danse

En résidence

Béatrice Massin, un an à Sceaux

Béatrice Massin © Luc Barrovechio,

La chorégraphe, l’une des plus grandes spécialistes de la danse baroque, et sa compagnie Fêtes galantes, sont associées à la saison du Domaine de Sceaux, un projet initié par le conseil général.

C’est dans une maison bruissant des musiques du monde où les compositeurs contemporains, Pierre Boulez en tête, venaient partager le repas familial, qu’est née Béatrice, la fille aînée du célèbre couple de musicologues et historiens Jean et Brigitte Massin.

« La musique est donnée à l’enfant en cadeau dans le berceau » aimait à dire son père. Vivre dans pareille famille, baigner dans « Monteverdi, le chant grégorien, Bach, Schubert… le jazz… et les musiques peu faciles de la fin du XXe siècle », prédispose à la transversalité entre les styles musicaux et les époques, entre le vocabulaire de la danse contemporaine et le matériau baroque des chorégraphies des XVIIe et XVIIIe siècles dont le pouls bat au rythme de la musique qui les a enfantées. « Plus que danseuse, je te vois avant tout chorégraphe », avait prédit son père. «Toute l’enfance, la danse classique aura été la voie première… par manque de choix !
En découvrant comme un choc les chorégraphies de Merce Cunningham et son travail avec John Cage, plutôt que les ballets de Béjart dont le néoclassicisme me touchait moins, j’ai intégré le monde de la danse contemporaine qui grandissait en France. Ce fut tout d’abord dans la troupe de Susan Buirge puis de Christine Gérard et de différentes chorégraphes dont la plus importante a été Francine Lancelot. Le baroque m’a aussitôt passionnée parce qu’on ne peut déconnecter la danse de la musique».
La chorégraphe et pédagogue Francine Lancelot est alors la pionnière de la redécouverte du répertoire baroque français et de son contexte qui montre le rôle éminemment politique joué par le ballet de cour, art majeur à Versailles. En 1653, celui qui mène la danse dans le Ballet de la Nuit de Jean-Baptiste Lully, c’est Louis XIV. Âgé de quinze ans, somptueusement costumé en « Soleil Levant », le jeune roi impose les codes et révérences du baroque aux courtisans, faisant plier la noblesse de la Fronde devant le « Roi danseur », préfigurant ce que sera son règne absolu sur le royaume.
En 1983, Francine Lancelot, qui recrée les savantes chorégraphies de Pécour, offre à Béatrice Massin de les danser dans sa compagnie Ris et Danceries où elle sera successivement, à partir de 1983, interprète, assistante, collaboratrice et chorégraphe. Dix ans d’un long processus d’appropriation de ce fameux « langage baroque » au terme duquel Béatrice Massin élargira son écriture chorégraphique «en confrontant le style baroque à la danse d’aujourd’hui ».
En 1993, elle forme sa propre compagnie Fêtes galantes. Depuis Charpentier des ténèbres, en 1994, on ne compte plus les créations de Béatrice Massin, la plus célèbre étant Que ma Joie demeure, sur la musique de Jean-Sébastien Bach. Avec plus de 150 représentations autour du monde, ce spectacle a fêté ses dix ans en 2012. Que ma Joie demeure s’est récemment produit en plein air au Domaine de Sceaux qui vivra jusqu’au printemps 2013 au tempo du baroque car la compagnie Fêtes galantes - Béatrice Massin est « artiste associée à la saison 2012/2013 ».
Au Petit Château, un cycle de trois conférences se déroulera entre octobre et décembre.  En janvier et février, les baroqueux se feront les guides des collections du musée. La compagnie Fêtes galantes animera au printemps des ateliers « découverte de la danse baroque » pour tous et un atelier sensoriel dédié au public mal et non-voyant.
Béatrice Massin a choisi son baroque, à l’opposé des clichés du XIXe siècle qui le décrivent précieux, ampoulé ou sophistiqué. Le baroque de la chorégraphe est épuré, le corps est déshabillé, la danse baroque est vivante ! Autrefois, Folia, Belle Dance… Aujourd’hui, que la joie demeure !

Alix Saint-Martin

Conférences de Béatrice Massin

>> Dimanche 25 novembre à 15h
Baroque, au centre de tous les arts : la danse
Le baroque entretient un dialogue incessant entre danse et sculpture, danse et théâtre, danse et musique, mais aussi entre danse et jardins à la française.

>> Samedi 8 décembre à 15h
Les métamorphoses du baroque
La danse baroque est une matière en constante évolution. la création bouillonnante, foisonnante des XVIIe et XVIIIe siècles leur donne des airs d’école de chorégraphie. l’Académie royale de danse fondée par louis XIV au moment où il devient roi établit les principes du mouvement qui donneront naissance au romantisme du XIXe siècle.

Au Petit Château
Tarif : 3 € *- Tarif réduit : 1,50 €*
(* tarifs donnant accès au musée)

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