Théâtre - Danse

Critique

« Calme » aux Théâtre Nanterre-Amandiers

© DR,

Avec l’air de rien et beaucoup de tact, Jean-Louis Martinelli touche avec « Calme », sa création de la saison 2012/2013, l’un des sujets les plus sensibles qui soit : la famille.

Appuyé sur le texte autobiographique du dramaturge suédois, le contemporain Lars Norèn, avec lequel il a noué des liens privilégiés, le directeur du théâtre Nanterre-Amandiers  joue la carte d’une grande sobriété et d’un réalisme cru. En cohérence avec cette volontaire absence de théâtralité, ce souci de présentification, principes qui mobilisent sa mise en scène, la scénographie léchée, très architecturée, de Gilles Taschet matérialise le cadre voulu par l’auteur : le hall d’un hôtel restaurant, grand siècle, dont les belles proportions accentuent l’aspect désertique. Au coin salon chichement meublé, répond l’ensemble ordonné de petites tables flanquées de chaises vides. Le parfait ordonnancement de ce décor unique, qui ne sera que faiblement perturbé, contraste violemment avec le chambardement des sentiments auquel il sert de théâtre. Le quatuor sur scène est rassemblé pour la dernière fois avant l’éclatement. La mère (Christiane Millet) atteinte d’une maladie incurable est en train de s’éteindre à petits feux. Le père, (Jean-Pierre Daroussin), sombre graduellement dans l’alcoolisme. Le fils aîné, (Nicolas Pirson), s’efforce, incestueux gonflé de colère contre le père, de ne rien ressentir. Le cadet (Alban Guyon), figurant l’auteur lui-même, veut s’échapper pour une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Explosant tour à tour, les quatre personnages de cette tragédie domestique portent à leur point d’incandescence les possibles de la névrotique cellule familiale.  Chacun dans leur rôle,  les acteurs que la mise en scène al’intelligence de mettre en valeur, sont des interprètes absolument convaincants dont il faut saluer le grand art et l’aisance sur ce texte et ces sujets qui ne sont rien moins que faciles.

Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

Du vendredi 18 janvier au samedi 23 février 2013, du mardi au samedi à 20h, les jeudis à 19h30, les dimanches à 15h30, Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National, 7, avenue Pablo Picasso, tarifs : de 26€ à 12€, tél : 01 46 14 70 00, www.nanterre-amandiers

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