Théâtre

Critique

Zoltan, une comédie noire aux Amandiers à Nanterre

"Zoltan"© Philippe Delacroix,

Un tableau de la noirceur du monde éclairés d’humanité servis par une plume acérée maniant la poésie comme l’humour.

 

Après Une Virée et Les Coloniaux, deux créations remarquées de 2004 et 2009 montées par Jean-Louis Martinelli, le Centre d’Art Dramatique National des Amandiers, fidèle à ses auteurs contemporains qu’il a contribué à faire découvrir et aimer, poursuit son exploration de l’œuvre du dramaturge d’origine algérienne Aziz Chouaki. Commande d’écriture du théâtre, Zoltan, mis en scène par Véronique Bellegarde, reste dans la veine qui a fait le succès des précédentes pièces, tableaux de la noirceur du monde éclairés d’humanité servis par une plume acérée maniant la poésie comme l’humour.
Dans un pays en guerre, quelque part dans les Balkans, un homme choisit de fuir le réel ; il se glisse dans la peau d’un grand fabulateur autant pour se sauver lui-même que pour créer une échappatoire à la souffrance généralisée et faire rêver les autres. C’est Zoltan. Espèce de Don Quichotte  contemporain tel est-il  aux yeux d’Aziz Chouaki : « La puissance de son imaginaire terrasse l’adversité et la vacuité du présent. Il brille devant son public, des éclopés du cœur, il leur donne du rêve, cette valeur absolue que veulent raser toutes les dictatures de l’histoire ».
Divisé en deux le plateau plante un double décor. Un intérieur, celui d’un petit bar de quartier matérialisé par un zinc, un percolateur et des tabourets qui ont vécu leurs heures de gloire. Un extérieur, celui d’un morceau de ville défoncée, chaotique, peuplée de débris et d’abris de fortune. Dedans et dehors, Zoltan (Patrick Mille) forge ses mythes et raconte ses sornettes abracadabrantes avec aplomb à qui croise sa route. La tenancière du bistrot (Jessie- Marina Tomé) est sa première oreille. Une grande bouche, aussi généreuse que crédule. Bientôt les habitués du lieu (Peg – Alexandra Castellon, Tunis – Pierre Hiesller, Gabriel –Guillaume Durieux et Pluvia -) n’ignoreront plus rien jusqu’à découvrir le pot aux roses. Une comédie noire dont les acteurs s’emparent avec énergie. 
 


 
Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

Jusqu’au dimanche 12 février 2012, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h, théâtre Nanterre-Amandiers, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre, tarifs : 26€, 20€, 12€, tél : 01.46.14.70.00, www.nanterre-amandiers.com

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