Th√©√Ętre - Danse

Mathilde Monnier et le cercle de la danse

Mathilde Monnier © Marc Coudrais,

√Ä l'affiche du Th√©√Ętre de Gennevilliers en mai 2011 avec les deux pi√®ces "Publique" et "Nos images", la chor√©graphe Mathilde Monnier s'est confi√©e √† Vall√©e-culture.fr.

Dans "Nos images", pi√®ce qui interroge le cin√©ma, vous √™tes sur sc√®ne avec l'√©crivain Tanguy Viel et le chor√©graphe Lo√Įc Touz√©. Quelle place faites-vous √† la rencontre ? Comment vous nourrit-elle ?
Une des raisons pour laquelle j'ai choisi la chorégraphie et le spectacle vivant est le fait de travailler avec un groupe de personnes, et que la matière même de mon travail surgisse de ces confrontations, et non pas uniquement de moi. Ce qui me nourrit est dans nos différences mais ce qui a toujours été moteur, c'est une certaine idée de la danse : j'ai voulu sortir la danse de son centre, la décentrer et je dis souvent que je travaille sur les bords de la danse de façon à en élargir le cercle.

Vous dites souvent également travailler avant tout sur le mouvement. Comment ce travail s'est-il construit tout au long de votre carrière ?
Quand je dis mouvement, je pense au mouvement en g√©n√©ral, pas seulement celui du corps mais celui de l'√©volution des choses et la capacit√© pour chacun √† se mouvoir, √† se d√©placer. Dans ma vie, plusieurs exp√©riences ont √©t√© fondatrices comme la rencontre avec le monde de l'autisme ou bien le fait de travailler avec des amateurs, notamment √† Berlin o√Ļ j'ai fait un op√©ra pour 160 amateurs de tous les √Ęges. Je suis tr√®s curieuse d'entrer dans d'autres mondes et le fait que la danse requi√®re une sorte de discipline o√Ļ l'on est oblig√© d'√™tre enferm√© sur soi, de se prot√©ger du monde, de prot√©ger son corps m'a souvent emp√™ch√©e d'aller vers des aventures plus larges, davantage tourn√©es vers l'ext√©rieur. Sur le fond je crois que j'aimerais bien continuer √† travailler avec des danseurs d'autres pays comme j'ai pu le faire en Afrique et me plonger dans d'autres r√©alit√©s sociales.

Quel est le cŇďur de la pi√®ce "Publique" ?
Dans "Publique", les danseuses rejouent quelque chose de notre adolescence, ce que chacun d'entre nous a v√©cu quand il a dans√© pour la premi√®re fois dans une f√™te ou dans une bo√ģte de nuit ou seul chez soi. C'est cette relation particuli√®re √† un souvenir tr√®s personnel qui se joue l√† et dans cette situation on s'aper√ßoit que c'est presque toujours la musique qui a √©t√© le d√©clencheur du mouvement, celle de PJ Harvey en l'occurrence.

Vous jouez aussi, en ce moment, "Un Américain à Paris" : pourquoi cet hommage à Merce Cunningham ? Que représente-t-il pour vous ?
Merce repr√©sente un horizon √† atteindre et une philosophie vivante. Il a toujours √©t√© pour moi une forme de phare qui me guidait dans la nuit, et son travail, ses paroles, son Ňďuvre un pr√©cieux espace d'espoir et une source de joie. Voir la compagnie de Merce chaque ann√©e depuis tant de temps a √©t√© une ressource qui m'a soutenue dans mon travail. Le rencontrer √† plusieurs reprises m'a renforc√©e dans mes convictions et aid√©e √† soutenir une forme de radicalit√©.

ASJ

En savoir plus

www.mathildemonnier.com

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