Théâtre - Danse

Charles Berling aux Amandiers, histoire d'une création

CP/Pascal Bejean,

Sa création "Pays natal" est à l'affiche de Nanterre-Amandiers jusqu'au 9 février.

Le comédien et désormais directeur du Théâtre de Toulon, Charles Berling, scène qu’ il co-dirige avec son frère Philippe, est à l’initiative de « Pays Natal », pièce inspirée de deux œuvres du dramaturge grec contemporain, Dimitris Dimitriadis, à l’affiche du théâtre Nanterre-Amandiers. Histoire d’une création en forme de carte blanche.

Comment le projet est-il né ?
Charles Berling : C’est une belle histoire, celle d’une rencontre. Tout a commencé sur le plateau du théâtre des Amandiers lorsque Jean-Louis Martinelli décide de monter « Ithaque » de Botho Strauss, pièce dans laquelle il m’avait confié le rôle d’Ulysse. Sa réflexion sur la distribution, l’a conduit à avoir une très bonne idée : faire entrer des acteurs venus de l’ensemble européen et notamment de jeunes comédiens grecs. J’ai écouté Dimitris Daskas et Nicolas Yalelis. J’ai senti leur envie de donner forme à des créations. Dans le même temps, Aurélie Nuzillard et Pierre-Marie Poirier sortaient juste du Conservatoire National d’Art Dramatique. Ça faisait une belle équipe, un beau quatuor. Convaincu qu’il faut que le  théâtre s’ouvre à la jeunesse, ayant la chance d’être désormais à la tête d’un lieu, le Théâtre de Toulon, dont la programmation est tournée vers la Méditerranée, j’ai lancé l’idée d’une création en forme de carte blanche que je produirais en offrant la possibilité d’accueillir la troupe en résidence de création à Toulon.

Comment regardez-vous cette production maison ?
C.B : En tant que producteur dire que je la trouve très réussie est soumis à un nombre de soupçons légitimes. Qu’est-ce- qui me permet de le soutenir ? La première vertu de cette création tient à ce qu’elle défait un bon nombre d’idées reçues sur la Grèce et qu’elle permet aussi de sortir du tout économique dans lequel on l’enferme. Par ailleurs, j’ai assumé mon travail de producteur, j’ai suivi le travail en m’autorisant de donner des conseils. Sans me mêler de la mise en scène, ni du jeu des acteurs. Je voulais libérer acteurs et metteurs en scène d’un certain nombre de poids qui pèsent sur une création. On peut se faire manger par les techniciens.  Je leur ai dit : ce qui nous intéresse, c’est vous. Ne cherchez pas à faire du beau théâtre assujettis à l’idée de ce que faire du beau théâtre pourrait être ; faites votre théâtre.

De quelle nature est le spectacle ?
C.B : C’est un spectacle extrêmement dense. Un spectacle très poétique aussi, ce qui en fait toute la magie. Les langues françaises et grecques se mêlent et résonnent ensemble. Aux adresses directes au public, les textes de Dimitriadis comme autant de commentaires oniriques - dont notamment « Léthé » ,cette invitation à l’oubli pour ouvrir la possibilité d’un avenir, d’un horizon d’attentes à la hauteur d’un passé colossal -  servent de contrepoints.  Les clichés sont renversés. Les acteurs nous invitent à partager leur histoire intime, personnelle, humaine convoquant, par delà les représentations, leur expérience sensible de leur « Pays Natal ».

Propos recueillis par Marie-Emmanuelle Galfré

 

En savoir plus

Du samedi 19 janvier au samedi 9 février 2013 Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre, tarifs : de 26€ à 12€, tél : 01 46 14 70 00, www.nanterre-amandiers.com

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