Théâtre - Danse

Christophe Rauck, Directeur du Théâtre Gérard Philippe

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Christophe Rauck, metteur en scène et Directeur du Théâtre Gérard Philippe, Centre Dramatique National de Saint-Denis

La musique a toujours joué un rôle important dans tous les spectacles signés par Christophe Rauck. La saison dernière, il pousse encore le mariage entre théâtre et musique en mettant en scène un opéra : « Le Couronnement de Poppée » de Claudio Monteverdi. Un spectacle total, dont l’intensité théâtrale et musicale a été unanimement saluée. Fondée sur une rencontre artistique forte entre l’homme de théâtre et Jérôme Correas, le chef d’orchestre des Paladins, ensemble consacré à l’exploration des œuvres lyriques italiennes du XVIIème, la collaboration porte, cette saison, un nouveau fruit : « Le retour d’Ulysse dans sa patrie », œuvre également signée par le compositeur italien. Et, création qu’en ce début d’année, le théâtre Firmin Gémier La Piscine donne l’opportunité de découvrir pour la toute première fois.

Pourquoi avoir choisi « Le retour d’Ulysse dans sa patrie » ?

Christophe Rauck : Le travail réalisé par Jérôme Correas sur le parlé-chanté, et l’importance qu’il accorde à la dimension théâtrale de l’opéra a permis une première collaboration fructueuse sur « Le Couronnement de Poppée » que nous avons eu envie d’approfondir avec « le retour d’Ulysse dans sa patrie ». Repartir en voyage avec Monteverdi s’imposait.  Cette œuvre, en particulier, s’inscrit comme une étoile filante dans l’opéra baroque. Par sa structure et la force de son texte, elle préfigure les tragédies raciniennes. Elle met en jeu Ulysse cette grande figure de notre imaginaire méditerranéen. Elle traverse des sujets qui résonnent dans notre monde d’aujourd’hui comme celui de l’exil, volontaire ou pas. Et puis, il y a eu la saison dernière, une rencontre très riche entre les spectateurs et l’opéra avec « Le couronnement de Poppée ». Une reconnaissance. De façon surprenante, une évidence. L’opéra est bien avant tout, ce que défend Catherine Kollen à l’Arcal, la compagnie nationale de théâtre lyrique et musical fondée par Christian Gangneron, un art populaire, vivant et actuel pour tous nos contemporains, y compris pour ceux qui se sentent le plus éloignés de cet art.

 

Que trouvez-vous dans l’Opéra ? Quel exercice particulier requiert-il de la part du metteur en scène que vous êtes ?

C.-R : La musique imprègne mes spectacles. Avec Brecht, « Têtes rondes et têtes pointues », avec Cami, « Le Rêve des asticots », à travers les chansons de Claude Nougaro dans  « L’Araignée de l’éternel », et même dans « Le Revizor » de Gogol où j’ai demandé à Arthur Besson de composer des musiques originales. La musique est pour moi un outil précieux pour raconter des histoires. Quand un personnage chante, ses émotions sont décuplées. Elles sont transmises au spectateur directement, de cœur à cœur. Le chant nous fait sortir du réalisme, souligne les émotions, les rend poétiques. Lorsque j’ai commencé à travailler sur « Le couronnement de Poppée », j’ai retrouvé cette émotion quasi-sacrée, verticale. L’opéra a cette magie puissante en lui. Pour un metteur en scène, il s’agit alors de se mettre un peu en retrait, de ne pas être bavard. Le génie est dans la musique. Le théâtre donne des outils pour faire comprendre au mieux les enjeux de l’intrigue et les relations  entre les personnages. Il s’agit de faire chanter le tragique en s’appliquant à ce que la théâtralité soit au service de l’action pour rendre visible ce que la musique dessine à notre oreille. Que la musique devienne théâtrale et le théâtre musical, voilà l’équilibre dynamique que nous recherchons, de concert, Jérôme Correas et moi-même.   

 

 

Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

« Le retour d’Ulysse dans sa patrie », création au Théâtre Firmin-Gémier La Piscine et  le samedi 2 février 2013 à 19h30 au Théâtre Jean-Arp Clamart, tél : 01 41 90 17 02.

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