Théâtre - Danse

Jean-Louis Martinelli, Directeur du Théâtre Nanterre-Amandiers

CP- Hannah Assouline,

Jean-Louis Martinelli, directeur du Théâtre Nanterre-Amandiers s’empare d’une nouvelle pièce de Lars Norèn : « Calme ». Une œuvre autobiographique qui met en jeu la famille.

Après « Catégorie 3.1 », « Kliniken », « Détails », vous avez choisi « Calme », une autre pièce du dramaturge suédois Lars Norèn, comme création cette saison.  Qu’est-ce qui vous lie particulièrement à cet auteur ?
Jean-Louis Martinelli : Je suis animé par le désir d’approfondir l’œuvre protéiforme de celui que je regarde comme un immense écrivain, un auteur dramatique majeur. Plus profondément, je me sens en fraternité, en familiarité avec cette écriture là qui tisse l’intime et le politique dans une langue riche, drôle, vivace. Je n’ai pas seulement monté trois de ces pièces, je l’ai également invité à mettre en scène au théâtre Nanterre-Amandiers deux de ses textes : « Guerre » en 2003 et « A la mémoire d’Anna Polikovskaïa » en 2008.

« Calme » témoigne de la relation de confiance que vous avez établie avec l’auteur. La pièce vous a été remise suite à l’une de vos rencontres avec lui. Le geste est d’autant plus significatif que la pièce est autobiographique. Comment l’avez-vous reçue ?
J.- L.M : Je connais l’histoire de sa gestation. Je pense pouvoir dire que « Calme » est à Lars Norèn ce que « Long voyage du jour à la nuit » est à Eugène O’Neill. Sur l’histoire de sa famille, il a écrit une première pièce qui, quand il l’a eu sous les yeux, le décide à la réécrire. Et, cette reprise, s’applique à mettre en œuvre avec « Calme », ces principes dramaturgiques auxquels obéissent ses autres œuvres pour mieux l’émanciper, permettre à ce quatuor familial d’incarner la famille, cette famille, dans laquelle chacun peut se reconnaître, avec à la clé,  cette interrogation fondatrice : comment devenir un sujet autonome ?

Comment dirigez-vous les acteurs de ce quatuor familial ?
J.-L.M : Le théâtre de Lars Norèn est avant tout un théâtre d’acteurs. Dans cette pièce où plus encore que dans n’importe quelle autre, l’auteur creuse les névroses familiales,   la figure du père est centrale ; tout s’organise autour d’elle. Jean-Pierre Daroussin est à mon sens – mais je ne suis pas critique si ce n’est metteur en scène – parfait dans l’incarnation de ce pater familias alcoolique comme Christiane Millet l’est dans le rôle de cette femme esseulée et distante. Et comme le sont Alban Guyon dans le rôle de John, qui est le jeune auteur lui-même, et Nicolas Pirson dans celui du frère de l’auteur. C’est un vrai bonheur d’avoir à travailler avec ces quatre comédiens sur cette pièce là.

Quelle est votre intention ?
J.-L.M : Ce qui se dit dans cette pièce là  - et c’est bien le propre des tragédies d’ailleurs – est à la fois magnifique et terrible. En allant jusqu’au bout de l’énonciation de ce qu’ils éprouvent, les personnages manifestent une certaine élégance en adoptant une position éthique : être vrais, s’approcher au plus près de la vérité de leur être. Je voudrais me tenir dans ce présent de l’énonciation en me défiant de toute théâtralité pour permettre à l’effet cathartique de jouer à plein.

Propos recueillis par Marie-Emmanuelle Galfré



>> Lire la critique de la pièce " Calme " - cliquez ici

En savoir plus

Du 18 janvier au 23 février 2013 Théâtre Nanterre-Amandiers, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre, tarifs : de 26€ à 12€, tél : 01 46 14 70 00, www.nanterre-amandiers.com

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