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Suresnes Cités danse : Farid Berki en ouverture du festival

Joo&destylegraphic © DR,

Fidèle à Suresnes cités danse depuis vingt ans, le chorégraphe a ouvert le festival le 16 janvier avec sa nouvelle création Fluxus Game.

Un « travailleur frontalier ». C’est ainsi que Farid Berki aime se définir. Une expression qui résume à la fois sa personnalité et sa carrière. « Je suis métis, ça coule dans mes veines, sourit le danseur et chorégraphe né en 1963 à Tourcoing d’un père algérien et d’une mère française. Le goût des mélanges me vient naturellement. Je ne sais pas faire autrement. »

Adolescent, alors qu’il est plutôt porté sur les arts martiaux,  il découvre le hip-hop « par hasard à la télévision ». « J’écoutais déjà du rap, raconte-t-il. Le hip-hop, ça m’a tout de suite parlé. Je me suis retrouvé. J’ai été sensible à l’énergie qui s’en dégageait et aux textes. Pour des jeunes qui vivaient dans des quartiers difficiles – lui habite alors la Zup de La Bourgogne à Tourcoing – c’étaient une culture à laquelle on pouvait s’identifier. » Autodidacte, comme tous les danseurs de l’époque, les «premiers pratiquants», il s’entraîne dans son garage avec un groupe de copains et finit par se produire dans des discothèques et faire la première partie de groupes de rap en France, mais aussi en Angleterre, en Belgique, en Hollande… « Assez rapidement, on a été payé pour danser et on était sûr de rentrer en boîte, plaisante-t-il à moitié. C’était génial. » Une chose en entraînant une autre, il fonde en 1994 à Villeneuve-d’Ascq sa compagnie Melting Spot basée sur l’idée que « le langage du corps n’a pas de frontière » et l’envie de « repousser les limites de la transdisciplinarité». Dès 1995, il crée Fantasia, une pièce pour six danseurs mêlant hip-hop et flamenco. Le ton est donné. Depuis, il a collaboré avec l’Opéra de Shanghai, le danseur étoile de l’Opéra de Paris Kader Belarbi, des danseurs tchadiens, des capoéristes brésiliens, des musiciens jazz, des comédiens burlesques, un dessinateur de BD… « L’hybridation », c’est ce qu’il répond quand on lui demande ce qui différencie son style de celui des autres. Un point commun avec Suresnes cités danse, dont une des idées de départ était de faire se rencontrer des chorégraphes contemporains et des danseurs hip-hop. Farid Berki se souvient encore de sa première venue dans les Hauts-de-Seine. C’était en 1995 pendant « un hiver hyper froid ». « Je venais de monter ma compagnie et j’avais entendu parler de cette aventure. Je suis venu avec un de mes danseurs mais il y avait une grève des trains. On a dû prendre des bus, on arrivé à Montreuil et on a marché jusqu’à Suresnes sous la neige pendant deux heures et demie. Quand on est arrivé, l’audition à laquelle on voulait participer était terminée. » Il se rattrapera le lendemain et sera embauché par le chorégraphe Doug Elkins.

Fluxus Game
Vingt après, Farid Berki a fait l’ouverture de la 23e édition avec Fluxus Game, sa nouvelle création co-produite par le théâtre Jean-Vilar, une chorégraphie pour sept danseurs hip-hop et un jongleur et basée sur « le plaisir de danser ». « Il y a trois parties dans cette pièce. La première c’est sur Stravinsky, un compositeur que j’adore. C’est plutôt dessin animé, comédie musicale, cartoon. La deuxième partie est orientée vers le cinéma et toute l’iconographie des années 70 genre Mission impossible, Bruce Lee, l’inspecteur Harry avec des compositeurs de musiques de films. La troisième partie, elle, sera plutôt minimaliste, festive et baroque… » « Je sais que tout cela ne va pas ensemble normalement », ajoute-t-il après une pause. Pour cette création, Farid Berki collabore à nouveau avec le vidéaste qui l’avait accompagné sur Vaduz 2036 programmé à Suresnes cité danse il y a trois ans. « Je ne considère pas la vidéo comme un écran de cinéma mais comme un vrai partenaire de jeu, explique le chorégraphe qui aurait « voulu faire du cinéma, être metteur en scène». Il a d’ailleurs déjà participé à plusieurs documentaires sur la danse. «  C’est passionnant. Mais c’est un vrai métier. Il va falloir que je travaille un peu. »

Émilie Vast

En savoir plus

Théâtre Suresnes Jean-Vilar - Fluxus Game, les 16, 17 et 18 janvier. www.theatre-de-suresnes.fr

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