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Gunwood : un trio rock and blues

CP/CD92 JLD,

Le trio francilien est l’un des premiers bénéficiaires du dispositif départemental PAPA de soutien aux artistes des musiques actuelles. Son premier album Travelling Souls est disponible.

Une invitation au voyage, dans tous les sens du terme. C’est ce qui « saute aux oreilles » à la première écoute de Travelling Souls, le premier album de Gunwood. Un album qui représente bien les envies d’ailleurs du trio. Dans sa jeunesse, Gunnar, au chant et à la guitare, a beaucoup voyagé en Irlande et en Allemagne. « Pendant cette période, j’ai aussi beaucoup lu, ce qui a influencé mes morceaux. » C’est pendant l’un de ces voyages que lui vient le déclic : il rentre en France et commence à composer.


Références
En 2013, il croise la route de Jeff et David. Le trio devient Gunwood Circle, puis Gunwood tout court. Ensemble, ils répètent à la SUM, une association musicale avec des studios de répétition à Sèvres. « Nous avions un patrimoine musical en commun très large. On se retrouvait notamment sur la folk et le rock alternatif des années 60 », se souvient David, à la batterie et aux claviers. Le trio cite pêle-mêle des références variées allant des groupes des années 90 comme Rage Against the Machine et Radiohead au plus classique comme Joan Baez et Janis Joplin en passant par des artistes plus actuels comme la chanteuse Feist. Leur musique est teintée d’accents blues avec des instruments comme le banjo ou l’harmonica. Mais pas seulement. « J’ai également eu la chance d’avoir un père musicien amateur qui jouait dans un groupe de folk irlandais et de bluegrass. J’écoutais des morceaux traditionnels pendant des heures », ajoute Gunnar. Et même si certains d’entre eux ont une formation plutôt classique de musicologie ou de cours en conservatoire, tous ont appris leur instrument de manière autodidacte.

Fils Ă  PAPA
Après un premier EP sorti en février 2015, les trois musiciens ont tourné sur scène pendant trois ans, de premières parties en festivals comme Chorus l’an dernier. Dans leur besace, un énorme catalogue d’une centaine de chansons composées par Gunnar. « Le premier choix s’est fait tout seul, explique t-il. Puis quelques morceaux ont été gardés tels quels et d’autres revisités ensemble. Certains ont été écrits trois mois avant l’enregistrement, d’autres il y a quinze ans » C’est à ce moment-là que Gunwood entre dans l’ancien plan rock du conseil départemental – devenu depuis le plan PAPA (Plan d’accompagnement à la professionnalisation des artistes des musiques actuelles) - et obtient une aide de huit mille euros. Suffisant pour sortir un album et se faire entourer d’un professionnel, Christophe Spagnuolo, leur « couteau suisse » chargé de les accompagner aussi bien sur le plan artistique que managérial. « Le potentiel était là mais il y avait du travail. Avec eux, nous avons reformaté leur répertoire et transposé sur scène leurs titres pour en faire un groupe accrocheur en live. On a travaillé sur l’attitude, les déplacements… » Les dix séances de quatre heures ont finalement duré dix mois. « J’ai été séduit par leur projet car ce sont des bosseurs donc nous avons pu bouger les meubles assez vite. » Cet accompagnement a agi comme un accélérateur. « Quelques mois après cette rencontre, nous avons signé avec notre label Zamora. Sans ce dispositif, nous n’aurions pas pu enclencher tout ça. Je pense que nous avons gagné un an », note David. Dans la foulée, Gunwood enregistre son album dans les mythiques studios Ferber à Paris, qui ont vu défiler entre autres Noir Désir ou Serge Gainsbourg. « Ici le matériel et l’acoustique sont exceptionnels. On ressent l’histoire de ce lieu », explique Jeff.

Sur la route
L’association entre le Département et Gunwood continue puisque le trio a enregistré le clip de leur dernier titre Rainchild à l’Orangerie du Domaine de Sceaux. En guest-star, Hugh Coltman, dont ils avaient partagé l’affiche l’année dernière au Trianon. « Nous nous sommes bien entendus avec lui et nous lui avons proposé de tourner ce clip. C’est un artiste très humble, très ouvert, très classe. Ce n’est pas anodin que quelqu’un comme lui s’engage avec un groupe inconnu », raconte Gunnar. Ce cap du premier album enfin franchi, le deuxième est en ligne de mire. « C’est un travail très long qui demande méthode et rigueur », prévient Christophe Spagnuolo. En attendant, le groupe continue de sillonner les routes de France avec une quinzaine de dates prévues cet été dans différents festivals. Le début d’un autre voyage.

MĂ©lanie Le Beller


En savoir plus

www.gunwoodofficial.com

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