Théâtre

Patrick Schmitt, directeur de La Forge à Nanterre

Patrick Schmitt - CG92/O. Ravoire,

« Pour grandir, il faut se mettre en danger »


Dans le blanc des yeux, ôtant ses lunettes, Patrick Schmitt lâche : « C'est une passion qui date de quand j'étais gamin. » Ce cinquantenaire timide, qui parle par bribes lorsqu'il ne s'enflamme pas, qui, dans la vie marche en rentrant les épaules et ne se redresse vraiment que sur scène, est doué d'une obstination hors du commun. Mais, lui, dit : « Je suis quelqu'un de chanceux. » À voir.

Nanterre est un port d'attache. « Au lycée Juliot-Curie, j'ai monté ma première troupe. À l'époque, j'avais quinze, seize ans, Pierre Debauche dirigeait le théâtre des Amandiers. J'avais obtenu de lui et du régisseur – un truc impensable aujourd'hui – qu'ils me prêtent du matériel pour monter nos pièces. Mais auparavant il fallait que j'apprenne à le manipuler. Et c'est comme ça que j'ai dû assister côté montage technique – pour mon plus grand bonheur – à une trentaine de représentations des "Misérables". C'est un grand souvenir. »

Viendront, dans la foulée, les années de formation d'acteur au sein de l'une des écoles les plus fameuses de la place parisienne : le cours Jean Périmony. Et, dans la droite ligne, vient l'envie d'intégrer le saint des saints : le Conservatoire national d'art dramatique. « J'ai échoué au troisième tour du concours d'entrée. C'était dur. Mais ils ont eu raison. J'étais trop démonstratif. » Dans cet écueil propre à ceux qui, manquant de confiance en eux, en font trop, il ne tombera plus : « Un acteur n'a pas à faire la démonstration qu'il joue bien la comédie. De même, une bonne mise en scène est une mise en scène qui ne se voit pas. »

Engagé sur le terrain

Quelques grands succès en tant qu'auteur, acteur et metteur en scène et, de son propre aveu, « de grands bides financiers aussi » jalonnent son parcours de « relatif marginal » dans un univers théâtral de plus en plus institutionnalisé. « À un moment donné, j'ai compris la nécessité d'officialiser – entre guillemets – ma position et celle de ma compagnie. Une discussion sur ce sujet avec Francis Huster a été pour moi décisive. À partir de là, il fallait que je trouve un lieu. Nanterre, à cause de mon histoire, de mes liens avec cette ville et avec son théâtre, s'est imposé. »

Patrick Schmitt pose d'abord ses valises et celles de sa compagnie au 10, rue de l'Église. Le Quazar naît dans les années quatre-vingt. « Je voulais m'engager sur le terrain et former de jeunes acteurs. » Faute de moyens pour donner toute son envergure au projet d'école, la belle aventure prend fin une dizaine d'années plus tard. « Il y a des moments dans une vie d'homme où pour grandir, il faut savoir partir et se mettre de nouveau en danger. Et, dans ces moments-là, je dis que j'ai de la chance. » L'heureux coup de dé prend cette fois-là pour Patrick Schmitt, un an après le passage du siècle, la forme d'une ancienne usine située au 19, rue des Anciennes Mairies. « Je suis tombé sur le lieu en me promenant. J'ai passé le nez. Et je me suis dit : là, il y a un truc à faire. » La Forge, théâtre de proximité, investie au quotidien dans le milieu scolaire et le réseau associatif, lieu de créations et d'accueil, était née.


Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

Théâtre de La Forge
19, rue des Anciennes Mairies
92000 Nanterre (centre-ville)
Tél./fax. : 01 47 24 78 35
E-mail : contact@laforge-theatre.com

Accès :
- RER A : Nanterre-Ville
Prendre la rue Maurice Thorez, puis la 1re à gauche, rue de Stalingrad, puis 1re à droite : rue des Anciennes Mairies. Le théâtre est à 5 min à pied de la gare.

- Voiture : sous le tunnel de la Défense, prendre la direction "Rueil-Malmaison" (N 13), puis "Nanterre Centre".
Parking à utiliser : le parking du cinéma "Les Lumières" rue Maurice Thorez.

Le théâtre La Forge est équipé afin de pouvoir accueillir les personnes à mobilité réduite.

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