Théâtre - Danse

Portrait

Pierre-François Roussillon, directeur du théâtre 71

, PIERRE FRANCOIS ROUSSILLON THEATRE 71

Il entame sa deuxième saison au théâtre 71 de Malakoff où il a succédé à Pierre Ascaride et joue déjà sa propre partition.

 

"Je ne suis pas de ceux qui arrive en disant qu’il faut tout changer. Un lieu a une mémoire. Il faut apporter des choses nouvelles tout en respectant ce qui a été fait ». Pierre-François Roussillon, qui aujourd’hui commence sa deuxième saison à la tête de la Scène nationale de Malakoff, ne se paye jamais de mots. Insensiblement, avec l’enthousiasme maîtrisé propre aux timides, aux subtils, il fait entendre sa petite musique, appliqué à servir ses engagements initiaux. Jouer sa partition, il sait faire. En témoigne ses orientations. Le champ musical est d’abord son terrain d’expression privilégié, celui qu’il a choisi quand le théâtre l’avait déjà requis. Fils de deux sociétaires honoraires de la Comédie-Française française, son père est l’inoubliable Jean-Paul Roussillon, il s’illustre en tant que clarinettiste et concertiste classique. Porté sur la musique de chambre, du début des années quatre-vingts jusqu’à l’aube du nouveau millénaire, il tourne dans le monde entier avec les deux formations qu’il a fondées, Concordia et le Trio à Vent de Paris, deux formations de haute volée agrégeant des solistes de l’Orchestre de Paris, de l’Orchestre national de France et de l’Ensemble Intercontem-porain. Et, « un beau jour, je me suis réveillé en me disant qu’il me plairait de porter un projet artistique pluridisciplinaire en étant à la tête d’une institution culturelle ».

De beaux défis
C’est ainsi qu’il répond à une petite annonce parue dans Télérama : il postule à la direction du théâtre de La Butte à Octeville, à côté de Cherbourg. « J’en ai eu la charge pendant deux ans jusqu’à ce que les deux villes décident de ne faire plus qu’une en fusionnant également leurs deux théâtres. La nouvelle entité accède au titre de Scène nationale, baptisée Le Trident. On m’en confie la responsabilité. Un beau défi. Je me suis régalé pendant six ans. J’aurais voulu avoir de nouveaux moyens pour orienter la Scène vers la production. Ça n’a pas pu avoir lieu. Il m’a semblé qu’il fallait partir ». L’occasion de reprendre la Maison de la Culture de Bourges, entrée dans le réseau des Scènes nationales au moment de sa création au début des années quatre-vingts, se présente alors : « J’ai été choisi. Une grosse Maison. Historique. Avec un budget important. Une équipe d’une quarantaine de personnes. Et le pari d’un engagement fort dans le domaine de la production avec la conception de projets artistiques propres à l’institution : Les Enfants Terribles, Cosi fan Tutte, Irrégulière, spectacles qui ont connu un vif succès et d’importantes tournées, témoignent, de belle manière, me semble-t-il, de la concrétisation de cette ambition ». De Bourges à Malakoff, Pierre-François Roussillon refait les valises.

Des engagements forts
Sur cette première saison 2011/2012, saison de transition, le nouveau directeur peut s’enorgueillir d’une fréquentation du Théâtre 71 à la hausse avec 24 % d’abon-nements supplémentaires et une billetterie en augmentation de presque 30 %. « Au regard des chiffres, c’est la plus jolie saison du Théâtre 71. Mais comment en rester là ? Ou plutôt comment ne pas en rester là ? Nous allons développer à l’avenir tout ce qui a été posé et inauguré lors de cette première saison en renforçant la capacité de co-production du théâtre par le biais de La Fabrique des Arts qui nous permet d’accueillir des équipes artistiques en résidence, en favorisant lacirculation des publics par le biais de rencontres multiples et diverses tels que les éclairages, le jazzamalak, les brunchs musicaux ». De cette volonté d’ouverture témoignent notamment les sept créations accueillies cette saison dans l’enthousiasme et la sérénité propre à la tonalité choisie : la détermination à prendre sérieusement de très beaux risques. Cette ligne de conduite artistique pour le théâtre est aussi bien une ligne de vie pour le musicien qu’est d’abord Pierre-François Roussillon. Il montera sur scène en novembre 2013 armé d’une clarinette basse ou d’un saxophone ténor pour explorer ces nouvelles frontières au sein du Wanderer Septet. !


Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

 
www.theatre71.com/

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