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Les 25 ans de Suresnes cités danse

Dakla d'Abou Laagra © Ulrike Moenning,

Du 6 janvier au 5 février, le festival alto-séquanais fête ses 25 ans. Le leitmotiv n’a pas changé : faire vivre, ou plutôt danser, la diversité.

Pour sa soirée d’anniversaire, Suresnes cités danse avait besoin d’un concept. « Car tout doit être conceptuel de nos jours, plaisante Olivier Meyer, créateur du festival et directeur du théâtre de Suresnes Jean-Vilar. L’idée est simple c’est vingt-cinq ans, vingt-cinq danseurs. » Mais pas n’importe lesquels. « Des artistes qui ont un grand talent évidemment,complète le directeur, mais aussi un lien très fort avec le festival. » « Du coup, ça va de dix-huit à cinquante ans », sourit le chorégraphe Farid Berki. Mais en sélectionner vingt-cinq n’a pas été facile car, depuis sa première édition en 1993, le festival – subventionné par le conseil départemental - a accueilli cent vingt-trois chorégraphes, plus de sept cent soixante-dix danseurs. Plus de six cent soixante-dix représentations ont été données devant, au total, plus de trois cent mille spectateurs.

Freestyle géant
« Pour beaucoup de danseurs et de chorégraphes, Suresnes cités danse a constitué leur première grande aventure artistique sur une scène de théâtre, se souvient Olivier Meyer. Ce festival leur a servi de révélateur et souvent d’étape essentielle dans leur parcours. En vingt-cinq ans, nous avons accompagné la naissance de toute une génération de danseurs issus du mouvement hip-hop et de toute une génération de chorégraphes qui s’est nourrie d’univers chorégraphiques et musicaux différents du hip-hop pour tracer leur propre chemin singulier. Beaucoup d’entre eux étaient danseurs quand nous les avons connus. Ils sont maintenant chorégraphes, directeurs de compagnies et, pour deux d’entre eux, directeurs de centres chorégraphies nationaux. » Il s’agit évidemment de Mourad Merzouki à Créteil et de Kader Attou à La Rochelle, deux des guests invités lors de cette soirée anniversaire programmée en ouverture du festival début janvier.  « Une fête, un freestyle géant organisé », résume Olivier Meyer.
L’organisateur justement de cette soirée, ou plutôt « l’artificier » comme le définit le programme, c’est Farid Berki. Le chorégraphe se souvient encore de sa première fois à Suresnes. C’était en 1995. Il venait de monter sa compagnie à Villeneuve-d’Ascq. « On avait fait le déplacement avec un de mes danseurs mais il y avait une grève des trains. On a dû prendre des bus, on est arrivé à Montreuil et ensuite on a marché pendant des heures sous la neige jusqu’à Suresnes. Quand on est arrivé, l’audition à laquelle on voulait participer était terminée. » Le lendemain, il sera finalement embauché par le chorégraphe Doug Elkins.

De nombreux fidèles
Depuis, il ne manque jamais une édition. « Je viens chaque année, que j’y joue ou pas. » Cette année, il y joue plusieurs fois. Pour la soirée d’ouverture d’abord. Tout comme il a dû choisir vingt-cinq danseurs, il a dû résumer l’histoire du festival en une petite heure. « Ce n’est pas une création mais une organisation, explique-t-il. On est plutôt dans l’ordre de la dédicace, du clin d’œil. Ça peut être une musique que je détourne ou une thématique que je réinterprète ». Il rend ainsi hommage à certaines pièces, certains chorégraphes qui ont marqué l’histoire du festival mais aussi à certains compositeurs. « On les oublie trop souvent », souligne-t-il. Farid Berki fait également la clôture avec L’Oiseau de feu, sur une musique de Stravinski, déjà immortalisé par Maurice Béjart en 1970. Anthony Égéa s’empare lui du fameux ballet Les Forains conçu en 1945 par Roland Petit sur une musique d’Henri Sauguet. Un autre fidèle et chorégraphe confirmé Abou Lagraa présente - « en première mondiale à Suresnes », plaisante encore une fois Olivier Meyer - Dakhla, « une carte dansée imaginaire connectant trois ports, celui de Hambourg, d’Alger et de New York », un « voyage musical et culturel ». Après Asphalte et Standards créés dans le cadre de Suresnes, Pierre Rigal revient avec Scandale pour six danseurs et un percussionniste, un spectacle dans laquelle il entend « travailler sur la respiration des interprètes, scansion forte, puissante et source vitale du mouvement ». Mickaël Le Mer propose Rouge, Andrew Skeels son Street Danse club créé l’an dernier à et pour Suresnes. Puis les deux partagent l’affiche lors d’une soirée « entre baroque et rock » avec respectivement Fleeting et Rock it Daddy.

Un tremplin
« Pour faire vivre la diversité de toutes ces danses issues du mouvement hip-hop, il fallait aussi, pour cette 25e édition, apporter une attention particulière à la qualité des musiques, du rock au baroque, de Stravinski à Sauguet, souligne Olivier Meyer. Et au talent de jeunes femmes danseuses et ou chorégraphes comme Jann Gallois, Céline Lefèvre et Johanna Faye par exemple ». Elles feront partie des artistes qui se partageront la scène lors des trois soirées Cités danse connexion, le pôle de production, diffusion et transmission de la danse hip-hop ouvert fin 2007 avec le soutien du Département dans le prolongement du festival. Ce « tremplin pour la nouvelle génération » a déjà permis de programmer vingt-neuf cartes blanches comme, cette année, Tandem de John Degois, Iskio de Johanna Faye et Saïdo Lehlouh ou encore Soi de Si’mhamed Banhalima et Kevin Mischel. « Depuis 1993, nous avons cherché avec exigence et audace à faire vivre ces danses issues du mouvement hip-hop dans toute leur diversité artistique, résume Olivier Meyer. Le nouveau programme de cette 25e édition s’inscrit dans cet esprit. »

Émilie Vast

En savoir plus

Site web de Suresnes Cités danse www.suresnes-cites-danse.com/

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