Théâtre

Trois questions à …

Jean-Louis Martinelli, directeur de Nanterre-Amandiers

Jean-Louis Martinelli - CP/Hannah Assouline,

Trois pièces venues de l'est européen sont programmées cette saison. Jean-Louis Martinelli nous explique ce choix.

 

L’Europe de l’Est est à l’affiche par trois fois en cette fin de saison. Pourquoi ce choix ?
« Centre national d’art dramatique, le théâtre Nanterre-Amandiers ouvre, chaque saison, son plateau à la création internationale. De la même façon, nos créations partent en tournée à l’étranger. Andrea Nartano-Jacobsen est missionnée en tant que Responsable du développement international du théâtre pour faire voyager les pièces que nous créons - nos ‘grosses’ productions telles Médée, qui, cette saison, à titre d’exemple, est partie à Buenos Aires en Argentine, à Porto Alegre au Brésil, à Katowice en Pologne, à Moscou - et ouvrir l’œil sur celles que nous serions susceptibles d’accueillir pour les faire découvrir à notre public. Cette ouverture sur l’Europe de l’Est, et notamment sur la Pologne et la Hongrie, s’est imposée comme d’elle-même. De tous les pays qui formaient l’ancien bloc soviétique et qui sont devenus indépendants depuis un quart de siècle, ces deux là sont ceux où la création théâtrale, reste, la plus vivante. Et nous avons eu un véritable coup de foudre pour les trois pièces que nous accueillons».  

Présentez-nous la première de ces trois pièces venues de l’Est européen, écrite par le serbe Dusan Kovacevic, Le Professionnel
« Nous sommes heureux de reprendre cette pièce qui a été créée la saison passée au Théâtre de l’Ouest Parisien. Dans le même temps, il faut rendre  hommage au travail du metteur en scène et Directeur de la Compagnie Le Cartel, Philippe Lanton. Avec ses acteurs, il conduit toujours un vrai travail de recherche qu’il entend inscrire dans la durée. Après s’être intéressé au théâtre allemand du XVIIème siècle, il a ouvert avec Le Professionnel une série de créations dédiées aux écritures balkaniques. Servi par trois grands acteurs dans les trois rôles principaux, Bernard Bloch, Luc-Antoine Diquéro, Evelyne Pelletier, la puissance dramatique du texte de Dusan Kovacevic est à son comble. Simultanément à la programmation du Professionnel, pour accompagner le travail de Philippe Lanton sur ces écritures venues des balkans, nous accueillons, dans la forme d’une lecture mise en espace, une pièce écrite par un autre grand auteur serbe, Vidofav Stevanovic, Jeanne Du Métro. La pièce pourrait être la prochaine création de la compagnie dirigée par Philippe Lanton ».

En quels termes inviteriez-vous à découvrir ce Coriolan Shakespearien version hongroise et ce grand classique moderne polonais qu’est Yvonne, Princesse de Bourgogne ?
 « Ce sont deux découvertes enthousiasmantes mais de nature différente. Avec Korijolanusz, le public est invité à découvrir une jeune compagnie hongroise, Hoppart, fondée il y a quatre ans par des acteurs sortis frais diplômés de l’Université de théâtre et du film de Budapest, et portés par le désir d’inviter le spectateur à s’interroger sur ce qu’est ou serait une démocratie en acte. Ils s’emparent de Coriolan avec fougue et grand talent. C’est la première fois qu’ils sont invités à se produire à l’étranger. Et, très touchants, avec une fraîcheur rare, ils attendent énormément de cette grande ‘Première’. En ce qui concerne Iwona, signée par Witold Gombrowicz regardé comme l’un des plus grands écrivains du XXème siècle, pièce sans doute la plus populaire et la plus jouée de son œuvre, elle est montée par l’un des grands noms du théâtre hongrois, le metteur en scène Attila Keresztes et jouée par les membres de la troupe réputée du Théâtre Silésien de Katowice en Pologne. Un travail d’orfèvre sur une pièce regardée par la metteur en scène comme « un bijou tragi-comique ».


 

Marie-Emmanuelle Galfré

En savoir plus

Le Professionnel,du mercredi 9 au dimanche 20 mai, du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30, Korijolanusz soit Coriolan, du jeudi 10 au samedi 12 mai, du jeudi au samedi à 20h30 (spectacle en hongrois surtitré en français),  Iwona, Ksiezniczka Burgunda, soit Yvonne, Princesse de Bourgogne (spectacle en polonais surtitré en français), du jeudi 17 au samedi 19 mai, du jeudi au samedi à 20h30, Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National, 7, avenue Pablo Picasso, tarifs : de 26€ à 12€, tél : 01.46.14.70.00, www.nanterre-amandiers.com

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