Patrimoine

Au coeur des collections de la Maison de Chateaubriand

Mousseline, velours et acajou : la méridienne de Madame Récamier

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Dans le Salon bleu de la Maison de Chateaubriand, les gracieuses courbes de ce meuble de repos évoquent une page de l’histoire de l’art. Récit.

Cette méridienne aux formes épurées permettait aux élégantes de se reposer en milieu de journée. Elle illustre la vogue que connaît l’art gréco-romain depuis la fin du XVIIIe siècle. Une mode en partie due aux fouilles de Pompéi et d’Herculanum entamées une trentaine d’années auparavant. Bien loin des dorures de la monarchie, le mobilier, les tenues, la peinture et l’architecture sacrifient désormais à ce goût de l’antique tout en simplicité et en légèreté, renvoyant à des temps héroïques.

C’est vraisemblablement d’après un dessin de Jacques-Louis David que George Jacob, talentueux représentant d’une lignée d’ébéniste du XVIIIe siècle, réalise ce meuble d’acajou directement inspiré des lits utilisés par les Romains lors de leurs banquets. Dans ses Souvenirs, Delécluze, élève de David, mentionne la présence de cette même méridienne en 1796 dans l’atelier du maître au Palais du Louvre.
Le meuble précieux trône désormais au rez-dechaussée de la Maison de Chateaubriand, surmonté d’une copie exécutée au XIXe siècle du célèbre portrait de Juliette Récamier. On y contemple celle qui fut l’amie de l’écrivain, installée sur des coussins de velours. Elle a 23 ans lorsqu’elle commande ce tableau à David et elle est déjà considérée par ses contemporains comme l’une des plus belles femmes de son temps. Admirée pour sa beauté et pour son salon qui rassemblait une société choisie dans son hôtel particulier, l’épouse du banquier parisien symbolise alors la nouvelle élite à son apogée après la Révolution. Sur ce tableau d’avant-garde, David la représente bras et pieds nus, vêtue à l’antique. Il choisit une toile à l’horizontale, un format jusque-là exclusivement réservé aux sujets historiques, inhabituel pour un portrait. Cette oeuvre atypique se distingue aussi par la distance à laquelle David place son modèle, détaché, au milieu de la toile. Juliette Récamier apparaît ainsi à la fois lointaine et centrale, entourée de meubles « pompéiens » à la pointe de la mode en ce début de XIXe siècle.

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Maison de Chateaubriand
87, rue Chateaubriand
92290 Châtenay-Malabry
Téléphone : 01 55 52 13 00

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