Matali Crasset Montrouge 2015

Expositions

Matali Crasset

CP - Adrien Toubiana,

Matali Crasset signe la scénographie du 60e Salon de Montrouge.

Son design innovant, libérateur et participatif lui vaut une notoriété internationale.  On l’appelle « la Jeanne d’Arc du design », rien de moins. Un hommage à sa foi dans un design créatif, synonyme de générosité, une démarche qui balaie les stéréotypes, révolutionne les pratiques quotidiennes en plaçant l’être humain au cœur des projets. Mais aussi un clin d’œil à son look, cette coupe de cheveux « à la Jeanne d’Arc » qui en fait un personnage immédiatement reconnaissable et inspire la rotondité de son logo - des cercles imbriqués figurant les notions de partage et de « vivre-ensemble ».

Nathalie Crasset, née en 1965, à Châlons-en-Champagne, signe « matali crasset », une déformation de son nom comme le ferait un enfant qui fusionne son identité et son travail. « L’ingrédient sur lequel je travaille, c’est la vie. Donc je ne vais pas faire semblant, je ne suis pas dans une posture, ma vie et mon travail ne font qu’un ». Elle est d’ailleurs issue d’une famille d’agriculteurs pour qui justement « la vie et le travail se confondent ». De son enfance, elle évoque rapidement : « une enfance heureuse », « une sœur jumelle », « des parents ouverts au monde », « un environnement et du temps pour développer l’imaginaire ». Aujourd’hui elle habite Belleville, dans une ancienne imprimerie : « ma maison n'est pas un cocon mais un espace ouvert », insiste-t-elle. Le regard est direct, cerné par une large paire de lunettes, le discours rigoureux, habité par la question, centrale chez elle, du lien social.

C’est après des études de marketing que Matali Crasset découvre son intérêt pour le design.
Entrée à l’ENSCI de Paris, elle est d’abord designer industriel, collabore à Milan avec Denis Santachiara « qui intègre les nouvelles technologies et leur potentiel poétique au design ». En 1993, elle devient la collaboratrice de Philippe Starck avant de voler de ses propres ailes en créant, en 1998, sa propre entreprise « matali crasset productions ». Dès lors, elle organise le sens de son travail sous forme de fictions et de récits qui questionnent l’évidence des codes régissant notre vie quotidienne. Créée en 1999, l’œuvre Quand Jim monte à Paris (un lit d’appoint) en est le symbole. Les réalisations se succèdent dans les domaines du mobilier, graphisme, scénographie, architecture intérieure, industrie textile, artisanat, art contemporain… Que ce soit pour le musée de Bois-le-Duc aux Pays-Bas ou pour une grande entreprise suédoise de mobilier et d’objets de décoration, il s’agit toujours de « créer en poursuivant cet esprit de liberté qui détourne et modifie ». Au prestigieux Salon du mobilier de Milan, elle présente des luminaires et des objets singuliers qui lui ressemblent. Parallèlement elle crée une ligne de vêtements d’enfants, de chaussures pour femmes, compose des scénographies pour des expositions aux Arts déco à Paris, ou pour l’art contemporain au Salon de Montrouge. Un design éclectique, créatif, inventant, à partir de l’observation de la vie quotidienne des logiques de vie alternatives. Le Blobterre au Centre Pompidou (2012) est un univers dédié aux enfants. Le Voyage en Uchronie (2013), cinquième exposition à la galerie Thaddaeus Ropac, poursuit sa réflexion autour d’univers expérimentaux. Les commandes publiques installent ses projets participatifs en milieu rural ou urbain, La maison des Petits pour le Centquatre à Paris, ou les Maisons sylvestres - Le Nichoir, La Noisette - pour le Vent des Forêts, en Meuse. Le design devient alors « un outil de reconquête de l’espace public ». Matali Crasset imagine aussi une nouvelle forme d’hôtels, Hi Life, économique et écologique. Avec le Dar Hi, écolodge à Nefta en Tunisie et le Hi Matic à Paris elle entend démontrer qu’« on ne consomme pas un lieu, on donne envie de vivre une expérience». Un beau projet de bibliothèque municipale à Genève lui permet actuellement d’associer « culturel, social et transmission », dans le contexte de l’arrivée du numérique. À Trébédan, dans les Côtes-d’Armor, parents, institutrices, habitants, élus, avec l’aide de la Fondation de France, lui ont confié à la réhabilitation et l’extension de l’école Le Blé en herbe. Ce projet emblématique, inauguré en 2015, a pour objectif de recréer un cœur de village. L’école devenue plateforme multifonctionnelle et cinq microarchitectures, dites « extensions de générosité », ouvrent désormais le lieu à d’autres usages. Des réalisations qui illustrent la seule exigence de Matali Crasset : « je ne revendique rien ou alors le droit de faire des propositions de vie ».

Alix Saint-Martin


Infos pratiques

Du 5 mai au 3 juin. www.salondemontrouge.fr

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