Musique - Théâtre - Danse

Le temple du droit d'auteur

L'immeuble de la Sacem à Neuilly (CG 92/J.-L. Dolmaire),

À Neuilly depuis 1976, la Sacem représente les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, ainsi que plus de 40 millions d'œuvres.

Pour comprendre l'origine de cette « institution », il faut remonter au milieu du XIXe siècle. Direction le café-concert le plus couru de la capitale, « Les Ambassadeurs » sur les Grands Boulevards. « Ernest Bourget est attablé avec deux de ses amis et confrères lorsque l'orchestre joue un de ses morceaux, raconte Jean-Luc Vialla, directeur délégué de la Sacem. Le compositeur fait appeler le patron et lui annonce qu'il ne paiera pas son addition puisque ce dernier utilise sa musique sans le rémunérer. » L'affaire sera portée devant la justice qui donnera raison au musicien. En 1850 est ainsi créé le syndicat provisoire des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Un an plus tard, le syndicat prend la forme d'une société civile.

À la seconde près

Plus ancienne société d'auteurs au monde, la Sacem est aussi l'une des plus grandes avec 132 000 sociétaires dont 15 500 de nationalité étrangère et plus de 40 millions d'œuvres du répertoire mondial. L'an dernier, environ 4 700 nouveaux sociétaires ont adhéré à la Sacem et 617 000 nouvelles œuvres ont été déposées.
La Sacem emploie 1 500 personnes dont 800 travaillent à Neuilly. Leur mission principale : la collecte et la distribution des droits d'auteur : « les droits d'exécution ou de représentation publique (films, émissions de télévision, concerts, bals…) et ceux de reproduction mécanique, c'est-à-dire de fixation sur un support commercialisé. 829 millions d'euros ont ainsi été perçus en 2010. La Sacem assure ensuite une des redistributions parmi les plus précises au monde. 80 % des droits sont répartis selon l'utilisation réelle des œuvres. Nous nous engageons à faire une répartition au centime d'euro et à la seconde près. Nous prenons tout en compte, de la radio locale jusqu'au bal du samedi soir au fin fond de la France. Ce qui demande un travail considérable d'authentification des œuvres ».

Oreille absolue

Travail à la charge des services musicaux qui emploient vingt-trois personnes dont dix-huit experts, diplômés en musicologie ou premier prix de conservatoire. Certains auraient, dit-on, l'oreille absolue. « Notre mission est d'authentifier les œuvres sur tous les supports possibles et de vérifier l'exactitude des déclarations d'utilisation, les programmes que nous communiquent les diffuseurs, organisateurs de spectacles et producteurs, explique Maurice Pham, le directeur. Nous procédons aussi à des analyses musicales comparatives », en cas de suspicion de plagiat. Plus de 7 000 heures d'écoute sont ainsi effectuées chaque année, de manière aléatoire ou à la demande des sociétaires. « Ce service, historique à la Sacem, n'existe dans aucune autre société d'auteurs. »
Pour les aider, les experts musicaux disposent d'un dictionnaire musical. Numérisée depuis 2008, cette immense banque de données recense près de 700 000 thèmes musicaux allant de 1880 à nos jours et en intègre neuf mille nouveaux chaque année. Mais près des deux tiers des œuvres seraient, malgré tout, identifiées grâce à la mémoire et à la culture musicale des « experts ».

Émilie Vast

En savoir plus

www.sacem.fr

 

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