Patrimoine

« À la recherche d’Albert Kahn. Inventaire avant travaux »

Aristide Briand (au centre) à la Conférence de Locarno en 1925, autochrome de Roger Dumas, Locarno, 6 octobre 1925,


Diplomates et militants
La diversité du pacifisme de l’entre-deux-guerres et de ses différents courants s’incarne dans une galerie de portraits issue des Archives de la Planète.
Des années de tension qui suivent la première guerre mondiale à la période de rapprochement entre ennemis d’hier, l’action d’Albert Kahn pour la paix s’inscrit dans un monde en pleine mutation. Elle prend place dans la mouvance de la paix par le droit.

Là où l’histoire s’écrit
Albert Kahn suit les travaux de la Société des Nations dès sa première réunion en 1920, ainsi que les multiples tentatives pour que 14-18 soit la « Der des Der ». Ses opérateurs couvrent la conférence de Locarno en 1925. Des séquences filmées et des clichés autochromes en immortalisent les principaux protagonistes, dont Sir Austen Chamberlain, l’un des initiateurs de ce sommet qui marque un tournant dans les relations entre les nations européennes, préparant l’entrée de l’Allemagne dans la Société des Nations. Aristide Briand est entouré de la délégation française parmi laquelle on aperçoit Saint-John Perse qui va travailler en 1930 au plan Briand d’union européenne tandis que le ministre allemand Gustav Stresemann, prix Nobel de la paix avec Briand en 1926, est photographié à la conférence de La Haye de 1929. C’est à cette époque qu’Aristide Briand pose les premiers jalons d’une Europe unie, projet qui ne verra pas le jour, affaibli, entre autres, par la disparition de Gustav Stresemann la même année : Briand et lui, malgré des intérêts opposés, avaient formé le premier couple franco-allemand, entité qui ne renaîtra qu’en 1958 avec Adenauer et De Gaulle.

Des invités pour la paix
À Boulogne, les membres du cercle Autour du monde d’Albert Kahn se réunissent régulièrement autour d’invités de marque. Ces réceptionssuivent un rituel informel : déjeuner, discussions, visite du jardin suivie parfois d’une séance de prise de vue dans le studio installé sur la propriété du banquier. Si tous les visiteurs n’ont pas été pris en photo, les visages liés au pacifisme sont nombreux. Parmi les prix Nobel reçus, figurent ainsi Lord Robert Cecil, Nobel de la paix 1937, Léon Bourgeois – père de la SDN avec Woodrow Wilson –, Nobel de la paix 1920, mais aussi Ferdinand Buisson, pacifiste au long cours qui partage le Nobel de la paix 1927 avec le pacifiste allemand Ludwig Quidde. Le cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme était en relation avec Albert Kahn, le conseillant notamment pour la fondation de ses bourses de voyage Autour du monde. Le Cercle convie des politiciens, des diplomates mais aussi des militants dont certains guidés par leur foi, comme le jésuite Yves de La Brière ou, plus étonnant, Laura Dreyfus-Barney, militante des droits des femmes et adepte du bahaïsme, une croyance récente venue de Perse et défendant l’idée d’une paix universelle.


En savoir plus

« À la recherche d’Albert Kahn. Inventaire avant travaux » jusqu’en juin 2016 à Albert Kahn musée et jardin départementaux. Infos pratiques sur le  site internet d'Albert Kahn, musée et jardin départementaux

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