Patrimoine

La Grande guerre aux Archives départementales

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Bien qu’à l’arrière du front, le département a été totalement impliqué dans la Grande Guerre comme le montre la nouvelle exposition des Archives départementales. Jusqu'au 10 juin 2016.

Le deuxième volet de l’exposition Les Hauts-de-Seine dans la Grande Guerre aborde l’effort de guerre dans les différentes communes de l’actuel territoire départemental.

En premier lieu, la reconversion des usines locales (automobiles, avions, cycles…) pour produire du matériel de guerre. Ainsi, Renault participe à la mise au point du premier char d’assaut de l’armée française. Darracq à Suresnes fabrique des obus, Farman à Boulogne des moteurs d’avion, Voisin à Issy, des avions. L’essor de l’aviation sera fulgurant pendant les quatre années de la Guerre. Le syndicalisme, les grèves de 1917 et 1918 dans les usines d’armement, vont de pair avec la surveillance policière du fort contingent d’ouvriers et d’ouvrières. Appelées les « munitionnettes », leurs conditions de travail sont difficiles. Fait exceptionnel, une crèche réunit les usines de Levallois et de Neuilly, à cheval sur les deux communes… À Boulogne règne aussi une intense activité militaire due à l’implantation des services de l’armée. À Meudon, dans la forêt vallonnée proche des usines, de fausses tranchées sont pratiquées pour les essais du char d’assaut. À Vanves, un magasin général d’habillement s’installe et les soldats posent pour immortaliser les uniformes. Pour soutenir l’effort de guerre, l’État lance par cinq fois des emprunts (1915 à 1919) dont témoignent de grandes affiches colorées. Mais la guerre vient bientôt frapper l’arrière de la ligne de front : en mars 1915, les zeppelins lâchent des bombes qui touchent spécifiquement Levallois et Asnières. Des procédures d’alerte sont mises en place, les abris dans les caves sont consolidés. Les Allemands construisent bientôt des canons géants à très longue portée, placés à 120 km de Paris et l’année 1918 se révèle particulièrement meurtrière. Le 23 mars 1918, les obus tombent sur Malakoff.
La sortie de la Grande Guerre, par l’armistice du 11 novembre 1918, se proclame sur les murs du département par des affiches triomphales « La Guerre est gagnée ». S’ouvre la période des traités de paix, dont celui de Neuilly entre les puissances alliées et la Bulgarie (27 novembre 1919), et celui de Sèvres, entre les Alliés et l’Empire ottoman (10 août 1920) dont il signe la disparition. Mais l’immédiat après-guerre est surtout le temps du deuil national, des cérémonies patriotiques, et des premiers monuments aux morts. Dans toutes les villes du département ces œuvres de mémoire sont érigées, des artistes sculpteurs invités à concourir…, la population participe par des dons, l’État par des subventions. 

Lieux de mémoire
Parmi tous les lieux de mémoire du département, deux sont incontournables. Le Cimetière américain de Suresnes, enclave extra-territoriale où 1500 soldats américains reposent, les États-Unis ayant souhaité qu’il soit construit à proximité de l’Hôpital américain de Neuilly et de l’ambulance américaine du lycée Pasteur. Le Cimetière est inauguré le 30 mai 1919 par le président Wilson. Quant au Mémorial de l’Escadrille La Fayette, situé à Marnes-la-Coquette, il est inauguré le 4 juillet 1928 - jour de la fête nationale américaine -, non loin de l’Institut Pasteur. Avant que les États-Unis n’entrent en guerre en 1917, 180 pilotes de combat américains s’engagent spontanément dans l’armée française. L’arc monumental du Mémorial rend hommage aux 68 pilotes américains tués.L’exposition présente enfin un film tiré des Archives Albert-Kahn. Pour le cinquantenaire de la IIIe République - en 1920 - à la date symbolique du 11 novembre - une double cérémonie nationale est organisée. D’une part, le transfert du cœur de Gambetta (il avait incarné la résistance aux Allemands en 1870…), de sa maison de Sèvres au Panthéon, et d’autre part celui du corps du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, à Paris.Les Hauts-de-Seine dans la Grande Guerre peut-être aussi consulté en ligne sur : archives.hauts-de-seine.net.
Alix Saint-Martin

En savoir plus

S’armer/ Subir/ Se souvenir. Archives départementales, 137 av Joliot-Curie, Nanterre. Visites guidées sur rendez-vous : 01 41 37 11 02 Accès libre.. Du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h.

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