Patrimoine

Rénovation du Musée Albert Kahn, visite virtuelle février 2015

Maison du "village japonais". Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, 1921. Autochrome d'Auguste Léon.,

Sommaire

Zoom sur les opérateurs

Au service des images
Dans la salle des plaques, pièce où étaient conservées les autochromes, l’intervention se veut minimaliste. « Ce lieu parle de lui-même et permet d’éprouver physiquement la réalité de l’entreprise d’archivage du monde. Nous allons y évoquer la question du mode de classement, centrale pour ce type de collections, et donner carte blanche à des artistes sur les thèmes de l’inventaire, de la consignation du réel, de la fabrique des images pour prendre de la distance et proposer de nouveaux regards sur les collections. »Juste à côté, un espace de projection rappellel ’époque où le banquier recevait Anna de Noailles ou Rabindranath Tagore. « Les projections à Boulogne faisaient partie d’un projet immersif,sur plusieurs heures, où les invités assistaient à des conférences, visionnaient des autochromes, visitaient le jardin, se prêtaient à une séance de pose. Ce projet fonctionne par immersion, par imprégnation. Albert Kahn voulait faire ressentir à ses hôtes que la coexistence des cultures peut produire de l’harmonie et les émerveiller. »

La serre, coeur du jardin

Dans les ailes latérales, le jardin se dessine dans sa dimension sociale et politique. « Les scènes paysagères de Boulogne et les collections botaniquesd u Cap Martin, aujourd’hui disparues,sont complémentaires et doivent être pensées ensembles. Pour Albert Kahn, le jardin est un espace de socialisation. Leur côté ostentatoire s’inscrit dans sa démonstration. » Le jardin est aussi philosophique. « On recense 3 000 autochromes du jardin de Boulogne, c’est un investissement financier considérable ! Ce projet d’inventaire, où la question du temps qui passe est centrale, peut être lié à la compréhension du vivant, aux travaux de biologie que le docteur Comandon menait dans la propriété du banquier. Cet espace permettra d’évoquerla fascination d’Albert Kahn pour « le vivant »,l’influence mystique et philosophique de Tagore- la place de l’homme dans la nature - et de Bergson - l’élan vital en acte, l’observation du principe de vie. » Plus loin, la grange vosgienne sera dédiée au patrimoine végétal, à la confrontationtion es techniques horticoles du temps d’Alber tKahn aux méthodes de gestions actuelles, sans oublier la botanique et l’interaction des différentes collections. « La restauration du jardin n’a pu se faire que grâce au fonds d’images. » souligne Valérie Perlès.

Une oeuvre qui inspire
« Ici, on propose un voyage, une expérience de visite. Ce projet muséal est une lecture à un moment donné. Il s’agit de montrer les filiations, les ruptures et les liens entre l’oeuvre d’Albert Kahn et le monde d’aujourd’hui. L’idée que son projet n’était pas conçu pour s’arrêter brutalement en 1931 et qu’il devait être enrichi par les apports des générations successives nourrit notre réflexion. Nous imaginons ce qu’il serait devenu s’il avait pu être poursuivi, en tenant compte des problématiques actuelles. » C’est ainsi que dans le futur auditorium se préparent des projections de cinéma contemporain ou que de nouvelles éditions du festival photographique sont en gestation. 


En savoir plus

Rechercher dans l'agenda

Catégories

Annuaire des lieux culturels